Sa présence dans le temple causa à Jean-Charles et au petit muet une joie indicible. Ils avaient prié pour obtenir la conversion du malheureux, et ils voyaient que le ciel n'était pas resté insensible à leurs prières. Ce matin-la ils prièrent avec plus de ferveur que jamais.

Le dimanche suivant, l'ivrogne, après avoir fait une confession générale, eut le bonheur de s'approcher de la sainte table. Dieu venait de faire un miracle en faveur de cette victime de l'ivrognerie; car, à dater de ce jour, Frank O'Neil devint un fervent chrétien, un homme laborieux et un père au coeur tendre et aimant.

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Jean-Charles était parvenu à se familiariser avec la méthode si ingénieuse de l'abbé de l'Epée, qui permet aux muets de se faire comprendre par des signes aussi bien que s'ils s'exprimaient par la langue. Et son élève, James O'Neil, après deux ans d'étude, lisait, écrivait et savait son catéchisme à la perfection. C'était un enfant excessivement intelligent.

Un jour, notre héros proposa au curé de Berlin d'interroger le petit muet par écrit.

L'épreuve eut lien en présence d'une centaine d'élèves de la paroisse.

Le curé écrivait des questions sur un tableau, et l'orphelin y répondait aussi par écrit.

L'épreuve dura une heure.

Elle fut un triomphe pour le petit muet et une belle leçon pour tous les élèves!

Puis le curé traça sur le tableau les mots suivants: