Cette promenade au grand air lui fit un bien considérable. Au bout d'une heure, il put, suivant sa louable coutume, employer le temps de la grand'messe à lire l'Évangile du jour et l'office de la Sainte-Vierge.
A une heure, le Père Durocher foulait le sable de la grève, en compagnie du vieux prêtre dont la figure et la voix avaient si vivement ému notre héros.
Jean-Charles était debout sur le seuil de sa cabane, et en voyant venir les deux vénérables vieillards, il les salua respectueusement sans prononcer un seul mot, car il jouait toujours le rôle de muet.
Le Père Durocher lui dit en souriant: «M. Jean-Charles Lormier, j'ai l'honneur de vous amener une vieille connaissance qui aura, je crois, le pouvoir de vous délier la langue...»
—Une vieille connaissance?... fit Jean-Charles, en tremblant.
—Est-ce que vous ne me reconnaissez pas, mon cher Jean-Charles? lui demanda le visiteur.
—Oh! M. le curé Faguy! s'exclama Jean-Charles, en ouvrant ses deux bras...
Le vieux prêtre s'y précipita comme un enfant et longtemps les deux amis restèrent enlacés, coeur à coeur, incapables de proférer une parole...
Le bon Père Durocher se détourna pour essuyer les larmes d'attendrissement qui mouillaient son visage tout ridé...
—Oui. mon cher ami, dit enfin l'abbé Faguy. vous pouvez parler librement et vous réjouir, car votre frère, avant de rendre le dernier soupir, a proclamé votre innocence et il est mort comme un saint! Lisez ce document écrit par le Dr Chapais et signé par Victor.