Il rentra au logis vers onze heures, et vit de la lumière dans la chambre de son frère.

Tiens! se dit-il, mon fou de Jean-Charles qui jongle encore avec ses livres? Je vais entrer le taquiner un tantinet avant de me coucher...

—Bonsoir, Jean-Charles! lui dit-il joyeusement, en lui tapant sur l'épaule.

—Bonsoir, Victor!

—Qu'est-ce que tu lis là: l'A. B. C., sans doute?

Et en disant cette sottise, il jette un coup d'oeil sur le livre ouvert et les feuillets écrits que Jean-Charles a devant lui.

—Quoi! s'écrie-t-il, tu traduis le latin maintenant?... Parbleu! elle est bonne celle-là!

Et il éclate de rire.

Jean-Charles ne répondant pas, Victor continue sur le même ton:

—Ah! c'est pour apprendre le latin que, depuis plusieurs semaines, tu suis régulièrement, tous les deux soirs, les leçons du curé! C'est encore dans les jardins de Virgile et d'Horace que tu pioches jusqu'à minuit et une heure du matin!