—Mais! c'est effrayant ce que tu viens de me raconter! s'exclama M. Normandeau. Quel est donc le nom de ce valeureux jeune homme qui a ainsi risqué sa vie pour sauver celle de ton maître?
—Jean-Charles Lormier, monsieur.
—Jean-Charles Lormier, dis-tu? N'est-ce pas ce même jeune homme qui s'est tant distingué à la bataille de Châteauguay?
—Oui, monsieur.
—Oh! alors, je ne suis pas surpris d'une telle bravoure et d'un pareil tour de force de sa part, car on le dit aussi fort que brave.
—Oui, monsieur, et, de plus, il est sobre, honnête, pieux, instruit, laborieux et pas fier. Enfin, je ne lui connais que des qualités.
—Je te crois, mon cher François. Est-ce que le médecin espère le réchapper?
—Oui, monsieur. Le Dr Chapais a déclaré au père Lormier que son fils n'est pas gravement blessé et qu'il sera complètement rétabli dans. quelques semaines.
—Tant mieux! Et ton paquet? Je parie que c'est la peau de l'ourse?
—Tout juste, monsieur, et celle des oursons. Comme Jean-Charles n'est pas riche et que sa maladie va être pour lui et sa famille une occasion de dépenses, j'ai pris sur moi de vendre les trois peaux et d'en remettre le produit à ce jeune homme que j'aime et que j'admire. J'ai cru bien faire en venant vous prier d'acheter ces peaux.