—Certes! oui, tu as bien fait, et laisse-moi te dire que je trouve vraiment noble le motif qui t'anime! Je ne t'offrirai pas le prix que l'on offre ordinairement pour des peaux d'ours, parce que les peaux que tu me présentes ont une histoire intéressante pour moi et une valeur inestimable.

Viens avec moi, dit-il, en passant dans la pièce voisine, qui lui servait d'office et de cabinet d'étude.

Il ouvrit un coffre de sûreté et en retira quatre cents dollars qu'il remit à François, en lui disant: «Tu donneras cette somme à notre jeune héros.» Puis, lui remettant un billet de cent dollars, il ajouta: «Tu garderas cet argent pour toi.»

Maintenant, je te défends de retourner à Sainte-R... à pied! Mais comme je sais que tu es entêté, vieux Breton que tu es! et que tu pourrais bien enfreindre la défense, je vais te faire mener à Sainte-R... en voiture, par mon cocher Philippe...

François accepta avec plaisir le prix libéral que M. Normandeau lui offrit pour les trois peaux, mais il voulut refuser le cadeau personnel que son ancien maître lui faisait en même temps.

M. Normandeau lui dit sévèrement: «Si tu n'acceptes pas cette gratification, je serai bien fâché contre toi.»

François accepta. Il remercia le généreux donateur, le salua et se dirigea vers la porte.

-Arrête! mon vieux! lui cria M, Normandeau. T'imagines-tu que je vais te laisser partir sans dîner... Nenni, suis-moi!

Il appela Jacqueline, sa cuisinière, et lui recommanda de bien servir le vieux François, et donna ordre à son cocher d'aller, après le repas, mener son ancien serviteur à Sainte-R...

M. Normandeau parut sur le seuil de sa porte au moment où François allait partir, et il lui dit: