[377-A]: Pendant long-temps ceux qu'on avoit ainsi dégradés parcoururent les provinces comme des vagabonds, nus, et armés seulement d'une épée (Cap. Aquis gran., an. 789, c. 77.)
[378]: Cap. Car. cal., tit. 36.
[379]: Ibid., c. 15.
[380]: S'il arrivoit, au contraire, que le pénitent, touché des avis paternels de son évêque, se soumît à la pénitence qui lui avoit été imposée, le magistrat ne prenoit aucune connoissance de son crime, si ce n'est pour exiger l'amende qu'il avoit encourue en le commettant.
[381]: Lorsque Carloman confia l'administration de la police aux évêques, il ne leur donna d'autres armes que les censures et leur autorité. «Mais cette autorité, ajoutoit-il, a besoin d'être aidée par la puissance judiciaire; ainsi il a plu à nous et à nos fidèles, en commun, que les commissaires royaux, chacun dans son district, les assistent fidèlement; et que le comte ordonne à son vicomte, à ses centeniers et aux autres ministres de la république, de même qu'aux Francs qui sont instruits des lois civiles, que, pour l'amour de Dieu, la paix de l'Église et la fidélité qu'ils nous doivent, ils les aident en cela du mieux qu'ils pourront» (3. Cap. Carlom., c. 9.)
[382]: Par l'excommunication du prêtre, le coupable étoit retranché de la société spirituelle, comme par la mort, le bourreau le retranche de la société matérielle; avec cette différence que le repentir et l'expiation pouvoient le faire rentrer dans la première, tandis que la rigueur inexorable de l'autre société le rejette ainsi pour jamais de son sein.
[383]: Cap. apud Confluent., c. b. Un autre capitulaire offre les paroles suivantes: «Qu'aucun évêque ni prêtre n'excommunie aucune personne avant de prouver que, dans le cas où elle se trouve, les canons ordonnent de le faire, et à moins d'avoir averti celui qui a avoué ou qui est convaincu du délit. (Cap. Car. Calv., tit. XL, c. 10). Le même capitulaire prouve que les laïques pouvoient avoir recours à la justice du roi, lorsqu'ils croyoient avoir été injustement condamnés par leurs évêques. (Ibid., c. 7.)
[384]: Il étoit défendu à celui qui en avoit été frappé d'entrer dans l'église, et de s'asseoir à table avec aucun chrétien; on ne devoit ni recevoir des présens de lui, ni lui donner le salut et le baiser, ni s'unir à lui dans la prière, jusqu'à ce qu'il eût été réconcilié (Cap. synod. Vern., an. 755.) S'il ne faisoit aucun compte de l'excommunication lancée contre lui, le juge séculier y joignoit ses sommations; si elles étoient également inutiles, le juge ordinaire le faisoit conduire en prison, de sa propre autorité, lorsque le coupable étoit un homme de la multitude, ou prenoit les ordres du roi avant de l'enfermer, s'il étoit du nombre de ses vassaux; si c'étoit un comte, l'évêque lui-même devoit rendre compte au monarque de sa désobéissance. Mais il est facile de concevoir qu'abandonnés ainsi de tous ceux qui les environnoient, et qui, dans tout autre cas, les auroient défendus, à cause de cette terreur religieuse dont leur sentence saisissoit tous les esprits, les plus puissants et les plus endurcis se voyoient forcés de plier sous la main paternelle qui les châtioit, et de venir à résipiscence.
[385]: On a fait un crime au clergé d'avoir employé l'excommunication contre les ravisseurs de ses biens: quoi de plus juste cependant, puisque, dans la position où se trouvoit alors l'Église, comme société visible et constituée dans l'État, lui ravir ses biens, c'étoit attaquer son existence même, et par conséquent encourir la peine capitale, dont on a puni de tout temps, et dans tous les lieux, les crimes qui compromettent le salut de la société?
[386]: Tous les monuments témoignent, au contraire, de la confiance sans bornes que les rois avoient dans leur sainteté et leurs lumières, et le noble usage qu'ils faisoient de cette confiance et de leurs fréquentes interventions dans les affaires les plus importantes de l'État. Clotaire et son fils Dagobert les prirent pour arbitres dans les contestations qui s'élevèrent entre eux au sujet des limites de leurs États. «Chilpéric et Gontram, dit Grégoire de Tours, étant divisés entre eux, ce denier fit assembler les évêques de ses États, afin qu'ils fussent arbitres entre son père et lui. Mais le ciel, qui vouloit punir ces princes de leurs péchés par le fléau de la guerre civile, permit qu'ils ne déférassent point alors au jugement des prélats.» Cet historien en parlant de la paix que ce même Gontram fit avec Childebert son neveu: «Voilà, dit-il, ce qui fut conclu entre ces princes, par l'entremise des prélats et des autres grands du royaume.»