[135]: La lettre étant écrite et renfermée avec la lettre de créance dans un même paquet, elle avoit été donnée à un courrier; mais comme il ne se trouva pas dans le trésor de l'épargne vingt-cinq écus qui étoient nécessaires pour les frais de sa course, le paquet fut mis à la poste.

[136]: L'auteur de l'Esprit de la Ligue dit ici qu'il fit semblant de ne les avoir pas reçues, et n'en apporte aucune preuve. C'est ainsi qu'il a écrit tout son livre, sans critique et avec un esprit de partialité qui se dénote presque à chaque page.

[137]: Aujourd'hui l'hôtel de Soubise.

[138]: Si l'on en croit quelques mémoires du temps, elle avoit déjà reçu un avis à ce sujet avant la conférence. Au moment où elle escaladoit une des barricades, un bourgeois, sous prétexte de l'aider, s'étoit approché de son oreille et lui avoit dit: «que quinze mille hommes étoient prêts à sortir pour investir le Louvre par la campagne.»

[139]: Cette parole et la surprise du duc de Guise firent croire à un grand nombre que, d'accord avec les Seize, il avoit eu dessein de se rendre maître de la personne du roi. Mais, comme l'observe très-judicieusement le père Daniel, en réfléchissant sur la conduite qu'il avoit tenue dans toute cette entreprise, il semble qu'on en doit juger autrement: car, s'il avoit voulu le faire, il n'eût pas renvoyé au Louvre les Suisses, les gardes-françoises et les autres soldats dont il étoit le maître, après les avoir renfermés dans les barricades; et rien ne lui étoit plus aisé, dans ce moment, que d'investir cette maison royale, et de faire de gros détachements de bourgeois pour se saisir de toutes les avenues. Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que son dessein étoit de profiter de la consternation de la cour, et d'obtenir par la voie de la négociation tous les articles du mémoire dressé à Nancy.

[140]: Ils furent tous choisis parmi les plus déterminés ligueurs. La Chapelle-Marteau fut élu prévôt des marchands.

[141]: On peut reprocher ici justement au duc de Guise d'avoir fait donner ces places à des hommes de la dernière classe, et sous tous les rapports, indignes de les exercer. Ainsi sont entraînés ceux qui se croient obligés de se servir des factions populaires pour arriver au but même des plus louables desseins.

[142]: Ils portoient entre leurs mains divers instruments de la passion; l'un d'eux avoit les épaules chargées d'une grande croix[142-A], et représentoit Notre-Seigneur allant au Calvaire. C'étoit une allégorie par laquelle ils vouloient faire entendre au roi que de même que Jésus-Christ avoit pardonné à ses ennemis les outrages qu'il en avoit reçus, de même le roi devoit pardonner aux Parisiens.

[142-A]: Ce porteur de la croix étoit Henri de Joyeuse, frère du duc tué à la bataille de Coutras. Il s'étoit montré long-temps à la cour et dans les armées; et même on l'avoit compté au nombre des mignons du roi. Depuis la mort de sa femme, Catherine de Nogaret, sœur du duc d'Épernon, il s'étoit converti et étoit entré dans l'ordre des capucins.

[143]: Il étoit alors seul à la tête du parti protestant, le prince de Condé étant mort cette même année, à Saint-Jean-d'Angeli, à l'âge de trente-cinq ans. Charlotte de La Trimouille, sa femme, fut accusée de l'avoir empoisonné; et ce n'est que sous le règne suivant qu'un arrêt du parlement la déclara innocente de ce crime.