Alors Châtillon fit faire halte à sa troupe, et ordonna le plus profond silence. N'entendant plus rien, les Parisiens crurent que c'étoit une fausse alerte et se retirèrent. Il ne resta dans le corps-de-garde que les jésuites et quelques bourgeois qui étoient de garde cette nuit là. Cependant les soldats royaux continuoient de s'avancer, se glissant le long des murs du faubourg avec plus de précautions qu'ils n'avoient d'abord fait; en sorte que vers les quatre heures du matin ils arrivèrent sur les bords du fossé. Quelques-uns y descendirent aussitôt, gagnèrent le pied de la muraille sans être aperçus, y appliquèrent plusieurs échelles, justement à l'endroit que gardoient les jésuites, et où l'un d'eux étoit en faction avec un libraire et un avocat[175]. Dès qu'ils aperçurent le premier assaillant, ils crièrent aux armes et renversèrent eux-mêmes la première échelle chargée d'hommes qui étoient prêts à s'élancer sur le parapet. Les corps-de-garde voisins accoururent au premier cri; en peu de temps les murailles furent garnies de soldats; et Châtillon ne voyant plus aucune apparence de mener plus loin cette entreprise, fit sonner la retraite.

Sur la nouvelle de ce mauvais succès, le roi se décida enfin à s'éloigner de Paris: il partagea son armée en plusieurs corps, qu'il envoya dans diverses provinces, ce qui étoit pour lui le seul moyen de la conserver; mit de fortes garnisons dans les villes menacées, et ne se réserva qu'un camp volant, avec lequel il suivit le général espagnol, observant toutes ses démarches et s'apprêtant à traverser tous ses desseins. Après avoir perdu un mois entier à s'emparer de Corbeil, qui fut repris presque aussitôt par les troupes royalistes, le duc de Parme se remit en marche pour rentrer en Flandre, harcelé sans cesse par le roi, du reste mécontent des ligueurs, qui tous, si l'on en excepte les Seize et leurs partisans, lui avoient semblé très-opposés, et dans leurs intérêts et dans leur politique, à la politique et aux intérêts du roi d'Espagne. En se séparant du duc de Mayenne, il ne lui en promit pas moins de revenir, le printemps suivant, avec toutes ses forces, si son secours étoit encore nécessaire au parti catholique que son maître étoit résolu de ne point abandonner.

Tandis que ces choses se passoient à Paris et dans ses environs, les provinces n'étoient pas moins fertiles en événements qu'il est important de faire connoître. Dès le commencement des opérations militaires du roi, lorsque ses principales forces étoient occupées en Beauce, en Anjou, dans le Maine, et que le duc de Mayenne concentroit les siennes dans Paris, les deux partis en étoient venus souvent aux mains dans diverses parties du royaume et avec des succès divers. La Valette, gouverneur de Provence, où il ne s'étoit pas moins fait haïr que son frère d'Épernon, se soutenoit difficilement contre les chefs du parti catholique, qui ne lui laissoient pas un moment de repos; en Dauphiné, Lesdiguères, plus heureux, bloquoit Grenoble; en Auvergne, le comte de Rendan, qui en étoit gouverneur, avoit fait soulever cette province presque entière en faveur de la ligue, et ravageoit les campagnes aux environs des villes qui tenoient encore pour le roi; d'Épernon se défendoit avec plus de succès que son frère dans les gouvernements qui lui avoient été confiés, et protégeoit, avec ses troupes, l'Angoumois et le Limousin; la Guienne et la ville de Bordeaux, sa capitale, demeuroient neutres au milieu de cette agitation des autres provinces, et devoient cette neutralité, plus heureuse pour elles, et au fond plus profitable au roi[176], au gouverneur de cette ville, le maréchal de Matignon, dont les conseils à la fois fermes et modérés, surent persuader au parlement de cette province de prendre ce parti, où s'accordoient dans une juste mesure ce qui étoit dû au roi, ce qui étoit dû à la religion; les parlements de Toulouse, Aix, Rouen, Grenoble, s'étoient hautement déclarés pour le parti catholique; en Bretagne, le duc de Mercœur, qui en tenoit le gouvernement de Henri III, cherchoit à s'y créer une principauté indépendante; et le roi d'Espagne soutenoit ses prétentions avec l'intention secrète de faire lui-même valoir plus tard les siennes sur cette province[177].

Mais c'étoit surtout à cette autre extrémité du royaume où nous avons d'abord montré la position des divers partis, que le désordre étoit plus grand, et que les événements étoient plus décisifs. Déjà maître, avant la mort du dernier roi, du marquisat de Saluces, le duc de Savoie avoit porté plus loin ses vues ambitieuses; et ces discordes intestines dont la France étoit agitée, lui avoient fait concevoir le projet téméraire d'y étendre ses conquêtes et sa domination. La haine que l'on portoit en Provence à La Valette, le favorisa; les ligueurs en profitèrent pour former un parti qui invita ce prince étranger à se présenter comme défenseur et protecteur de la province. On n'a pas de peine à croire qu'il accepta avec empressement ce titre qu'on lui offroit, et qu'il se hâta de donner le secours qu'on lui demandoit: il passa donc la frontière avec un corps de troupes; la ville d'Aix lui ouvrit ses portes, et il y fut déclaré, dans une séance solennelle du parlement, gouverneur et lieutenant-général en Provence, sous la couronne de France. En même temps Lesdiguères s'emparoit de Grenoble, dont le roi le nomma gouverneur.

Sixte V étoit mort pendant le siége de Paris: et si l'on en croit nos historiens, ce fut un événement très-nuisible aux affaires du roi. Ce pontife, disent-ils, estimoit Henri IV; depuis quelque temps il écoutoit avec plus de faveur son ambassadeur, le duc de Luxembourg; il avoit pénétré la politique artificieuse de l'Espagne, et il étoit loin d'être satisfait de la manière d'agir des ligueurs. Tout cela peut être vrai: le caractère du roi étoit digne d'estime; l'esprit de la ligue de Paris étoit fait pour choquer un pape du caractère de Sixte V; et les intrigues du cabinet espagnol, auxquelles il ignoroit sans doute que son légat prît une part si active, pouvoient l'inquiéter et lui déplaire: mais qu'en peut-on conclure relativement à la grande question qui seule occupoit alors tous les esprits? Supposera-t-on que le chef de l'Église auroit pu être amené, par ces considérations diverses, à se relâcher des principes inflexibles du saint siége, et à reconnoître pour roi de France un prince hérétique? On n'oseroit le dire: qu'importe alors les dispositions de Sixte V, dans ses rapports privés avec Henri IV, puisqu'il ne pouvoit, comme pape, lui faire aucune concession qu'après son retour à la religion catholique? La ligue générale elle-même ne demandoit pas autre chose, mais vouloit aussi et absolument ce que vouloit la cour de Rome. Rien n'étoit donc changé et ne pouvoit changer à l'égard de ce prince, sur un point que l'autorité spirituelle étoit seule appelée à décider; et cette autorité ne seroit point divine, si elle eût dépendu des caprices ou des affections des hommes; si celui qui l'exerce n'étoit le premier à se soumettre à sa loi et à ses traditions. Sixte V, s'il eût vécu, n'eût pu agir autrement que Grégoire XIV[178] qui vint après lui; et bien que l'on accuse le cardinal Gaëtan, qui quitta Paris aussitôt qu'il eût reçu la nouvelle de la mort de ce pontife, d'avoir fait naître cette animosité que son successeur fit bientôt éclater contre le roi de France, celui-ci ayant paru en effet s'intéresser davantage aux succès des ligueurs, et leur ayant même accordé un secours en hommes et en argent, il n'en est pas moins vrai que le nouveau légat qu'il envoya auprès d'eux, ne fit autre chose que de renouveler, en deux monitoires qu'il publia à Reims, toutes les clauses de l'excommunication déjà lancée par Sixte V. Seulement, et en vertu de cette sentence qui l'avoit déclaré hérétique, relaps, persécuteur de l'Église, etc., il étoit ordonné dans ces monitoires, à tous les membres du clergé et de la noblesse qui s'étoient attachés à sa cause, de s'en séparer quinze jours après leur publication. Les parlements royaux invoquèrent aussitôt les libertés gallicanes, et traitèrent cet acte de l'autorité spirituelle d'attentat aux droits des souverains. Le roi y répondit de son côté, défendant son hérésie avec les priviléges de l'Église de France; mais encore un coup, rien n'étoit changé, et pour le reconnoître roi, la ligue et la cour de Rome lui demandoient, avec Grégoire XIV, de même qu'avec Sixte V, de se faire catholique.

(1591) Les opérations militaires qui ouvrirent la campagne de cette année, n'eurent aucun succès, ni pour l'un ni pour l'autre parti. Dans la nuit du 3 janvier, un détachement de la garnison de Paris, ayant tenté de surprendre Saint-Denis, dont De Vic étoit gouverneur pour le roi, pénétra effectivement dans la ville, mais en fut à l'instant même chassé, laissant parmi les morts le chevalier d'Aumale qui le commandoit. Une tentative que le roi fit de son côté, et dans le même mois, pour s'emparer de Paris, n'eut pas une fin plus heureuse. Soixante capitaines déguisés en paysans et menant des ânes, des chevaux et des charrettes chargées de farine, se présentèrent à la porte Saint-Honoré, et demandèrent à entrer dans la ville; leur dessein étoit d'embarrasser cette porte avec tout cet attirail dont ils étoient accompagnés, de se rendre maîtres des corps-de-garde, et d'y tenir ferme jusqu'à l'arrivée des soldats qui les suivoient et que l'on tenoit cachés dans le faubourg; mais soit que le projet eût été éventé, soit simple soupçon, on refusa de les recevoir; les Parisiens coururent aux armes; et le roi, qui n'avoit préparé qu'une surprise[179], n'osa risquer une attaque. Il retira donc ses troupes, et continua de s'emparer des villes voisines, et de gêner, autant qu'il étoit en lui, les approvisionnements de Paris. Cependant, Mayenne qui étoit alors en Picardie, ayant appris ce qui s'étoit passé, profita de cet événement pour y introduire une forte garnison espagnole; et ce résultat fut plus fâcheux pour le roi que l'échec qu'il avoit éprouvé.

Cependant les intrigues se compliquoient, les événements se pressoient, et les difficultés sembloient s'accroître de jour en jour pour tous les partis. Philippe II ne dissimuloit plus ses projets sur la couronne de France[180]: il les manifesta même hautement au président Jeannin que la ligue avoit envoyé vers lui pour solliciter de nouveaux secours; et l'habileté du négociateur fut de les avoir obtenus en lui laissant croire qu'on les acceptoit à ce prix. Toutefois l'impression qu'il en reçut fut telle, qu'à son retour il engagea Mayenne à faire sa paix avec le roi, et que celui-ci fut ébranlé. D'un autre côté Henri, au milieu de ses conquêtes, ne contenoit qu'avec peine cette portion de la noblesse catholique qui, n'ayant point assez de zèle religieux pour se tourner contre lui, le servoit uniquement par intérêt, et le tourmentoit continuellement de ses demandes et de ses mutineries. Cependant le cardinal Charles de Bourbon, fils de Louis, prince de Condé[181], poussé par quelques seigneurs catholiques, mécontents des délais continuels que le roi apportoit à sa conversion, formoit en même temps un tiers-parti au moyen duquel il espéroit se frayer la route du trône: les ligueurs favorisoient son entreprise, qui ne manqua peut-être que parce qu'un heureux hasard la fit découvrir au roi avant qu'elle eût éclaté[182]; et celui-ci, menacé d'être abandonné par les catholiques, s'il persistoit dans son hérésie, voyoit, d'un autre côté, les calvinistes décidés à ne plus le reconnoître pour chef s'il changeoit de religion. Sur ces entrefaites, le jeune duc de Guise, renfermé depuis la mort de son père dans le château de Tours, trouva le moyen de s'échapper, et de pénétrer dans la ville de Paris, où les ligueurs le reçurent avec les transports de la joie la plus vive, et comme un nouveau gage du succès de leur entreprise. Cet événement, dont le roi conçut d'abord quelque inquiétude, lui fut plutôt avantageux que nuisible, en ce qu'il donna un chef de plus au parti de la ligue, et par conséquent y accrut encore la division. C'est ainsi que, de l'une et de l'autre part, la position étoit également embarrassante; et si le roi ne se maintenoit contre les cabales dont il étoit entouré que par une suite continuelle de triomphes, Mayenne avoit à combattre des ennemis domestiques plus dangereux encore, et n'avoit pas, comme son ennemi, les prestiges de la victoire à leur opposer.

C'est ici qu'il faut remarquer à quel point tout s'enchaîne mutuellement dans l'ordre politique et dans l'ordre religieux. En même temps que, par suite des maximes funestes dont étoit imbu le clergé de France, le pouvoir religieux y devenoit populaire et scandaleusement anarchique, des démagogues essayoient de s'emparer à leur tour du pouvoir temporel; et ce que la Sorbonne avoit fait dans l'Église, les Seize prétendoient le faire dans l'État. C'étoient là les véritables factieux de la ligue; ce sont eux seuls que présentent ses ennemis lorsqu'ils veulent en médire; et cependant, toute la suite des faits démontre qu'ils étoient odieux et insupportables aux véritables ligueurs; et que, dès le commencement, on n'avoit pas cessé un seul instant de s'en méfier et de les surveiller. Mayenne y réussissoit tant qu'il étoit à Paris: alors l'autorité se concentroit en sa personne, et sa main ferme savoit les intimider et les contenir. Dès que la guerre ou les négociations le forçoient d'en sortir, ils revenoient à leurs licences accoutumées; et la faction espagnole trouvoit en eux les instruments les plus actifs et les plus ardents de ses intrigues et de ses machinations. Ils ne pouvoient pardonner au duc de leur avoir ôté la plus grande part de leur influence dans les affaires; et c'étoit principalement pour se venger de lui et pour détruire son autorité qu'ils s'étoient livrés aux agents de l'Espagne, qu'ils étoient entrés dans leur projet de faire donner la couronne de France à l'infante et à celui des princes catholiques qui seroit désigné pour l'épouser. La garnison espagnole que Mayenne avoit fait entrer depuis peu dans Paris, leur étoit alors d'un puissant secours pour l'exécution de semblables desseins; et ces étrangers qui, depuis, furent le dernier et le plus grand obstacle que le roi trouva pour se rendre maître de sa capitale, étoient dès-lors, pour le chef de la ligue, de perfides et dangereux auxiliaires. Soutenus par cette soldatesque, les Seize se montrèrent encore plus audacieux et plus entreprenants: ils tinrent des assemblées particulières, où ils déclamèrent hautement contre la lenteur des opérations du lieutenant-général. Ils osèrent lui présenter une requête, dans laquelle ils lui demandoient formellement d'exclure du conseil des membres qui ne leur sembloient ni assez habiles, ni assez affectionnés à la Sainte-Union. Enfin ils poussèrent l'insolence jusqu'à accuser le parlement de ne pas faire justice des agents du Béarnais lorsqu'ils étoient traduits devant son tribunal[183]. Traités avec hauteur par Mayenne, qui leur enjoignit durement de se renfermer dans les limites de leurs attributions, outrés contre la cour, qui, continuant à juger suivant la justice et les lois, refusoit de se rendre l'instrument de leurs fureurs, ils résolurent, puisqu'ils étoient encore impuissants contre le duc, de tirer du moins une vengeance éclatante du parlement. Son président Brisson leur étoit surtout odieux: ils jurèrent sa mort; et voici les manœuvres qu'ils employèrent pour revêtir cet assassinat d'une forme de justice, et lui donner, tant pour leur sûreté que pour l'exemple, l'apparence d'un décret du conseil de l'Union.

Sous prétexte que les délibérations ne pouvoient demeurer secrètes entre un si grand nombre de personnes qui composoient l'assemblée générale, ils demandèrent et obtinrent, à force de brigues et d'importunités, la formation d'un comité de douze personnes, auquel on donna plein pouvoir d'expédier les affaires les plus pressantes, sous la condition de communiquer à l'assemblée les résolutions de quelque importance avant leur exécution. Ils trouvèrent ensuite le moyen de composer ce comité comme ils voulurent, c'est-à-dire des hommes les plus violents et les plus déterminés de leur parti. On comptoit parmi ses membres, Bussi-Leclerc, gouverneur de la Bastille; Cromé, conseiller au grand conseil; Louchard, commissaire; Ameline, avocat; Emmonot, Cochery et Anroux, capitaines de quartiers et chefs du complot. On conçoit qu'ainsi réunis et maîtres d'une grande partie des affaires, ces douze hommes durent acquérir une grande prépondérance dans l'assemblée générale. Tous les jours ils assembloient le conseil général de l'Union et le fatiguoient de rapports, de dénonciations, et contre Mayenne et contre le parlement; ils proposoient quelquefois des remontrances au lieutenant-général: dans d'autres moments ils vouloient qu'on employât les voies de fait contre la trahison; et dans ces alarmes continuelles, qu'il étoit si facile de répandre au milieu d'un grand nombre d'hommes assemblés, il leur arrivoit souvent de prendre, comme par inspiration, des résolutions inattendues, le plus souvent inutiles et insignifiantes, et auxquelles, dans ce dernier cas, les plus sages croyoient devoir céder, dans la crainte de pire. Dans ces décisions obtenues ainsi à l'improviste, ils s'avisèrent plusieurs fois de faire circuler au milieu de l'assemblée un papier blanc, sous prétexte qu'on n'avoit pas le temps de rédiger la formule du décret: ils y mettoient d'abord leur nom; leurs affidés signoient après eux, et l'exemple entraînant ceux qui auroient été disposés à résister, tout le monde finissoit par signer.

Ils écrivent alors sur une de ces feuilles, et au-dessus de ces signatures, l'arrêt de mort de Brisson, et y joignent celui de Claude Larcher, conseiller au parlement, et de Jean Tardif, conseiller au Châtelet, qui leur étoient également odieux. Munis de cette pièce, Bussi, Louchard et Anroux, suivis de quelques satellites vont, le 15 novembre au matin, attendre le premier président sur le pont Saint-Michel, où il falloit qu'il passât pour se rendre au palais; ils se saisissent de lui et le font entrer au Petit-Châtelet. On le fait aussitôt monter à la chambre du conseil, où Cochery, Cromé et plusieurs autres étoient assis comme exerçant les fonctions de juges; Cromé procède aussitôt à son interrogatoire; et pendant ce temps, Charlier, qui se disoit lieutenant du grand prévôt de l'Union, et le curé de Saint-Côme, suivi de quelques archers, vont arrêter, chacun de leur côté, les sieurs Larcher et Tardif. Tous les trois furent condamnés à être pendus: on exécuta l'arrêt dans la prison; et le lendemain leurs corps furent exposés à une potence en place de Grève[184].