Il étoit situé vis-à-vis de cette abbaye et dans l'espace qui se trouve entre les rues Neuve-Saint-Étienne, des Fossés-Saint-Victor et des Boulangers. On le nommoit anciennement clos des Arènes; et Jaillot prétend que, du temps des Romains et de nos rois de la première race, c'étoit là qu'étoient les arènes et l'amphithéâtre. En 1641 on y plaça le cimetière de la Pitié; avant cette époque, ceux qui mouroient dans cet hôpital étoient enterrés dans le cimetière Saint Médard.

Cimetière de Clamart.

C'étoit dans le principe un grand jardin situé vis-à-vis l'hôtel de Clamart. On en fit un cimetière, et il prit alors le nom de cet hôtel, ainsi que la croix et le carrefour situés au bout de la rue de la Muette[423].

Rivière de Bièvre.

Cette petite rivière prend sa source à quatre lieues de Paris, aux environs d'un bourg dont on lui a donné le nom, et vient se jeter dans la Seine un peu au-dessus du jardin des Plantes, après avoir traversé le faubourg Saint-Marceau.

Cette direction est celle qu'elle avoit dans les temps les plus anciens; mais elle ne l'a pas toujours conservée. Saint-Bernard nous apprend lui-même[424] qu'Odon, abbé de Sainte-Geneviève, sur la demande qu'il lui en fit, permit que les religieux de Saint-Victor en détournassent le cours, la fissent passer dans leur enclos, et même y fissent construire un moulin[425]; sous la condition toutefois que cette construction ne porteroit aucun préjudice au moulin de Coupels (Copeaux), et qu'ils paieroient deux sous de cens à l'abbaye de Sainte-Geneviève. En vertu de cette permission, ces religieux firent creuser, à cent quarante toises du moulin de Couteaux, un canal qui traversoit leur enclos, et, se prolongeant le long du terrain qu'occupe aujourd'hui la rue de Bièvre, alloit aboutir aux Grands-Degrés. Ceci arriva entre 1148 et 1150.

La nouvelle enceinte que fit élever Philippe-Auguste ne changea rien à ce canal; et l'on voit qu'à la fin du treizième siècle il traversoit encore le terrain des Bons-Enfants et celui des Augustins. Mais les fossés et arrière-fossés qu'on fut obligé de creuser sous la régence et pendant le règne de Charles V, forcèrent enfin de lui donner une direction nouvelle, laquelle fut tracée entre la rue d'Alez, aujourd'hui détruite, et celle des Fossés-Saint-Bernard[426].

On ignore à quelle occasion et pour quel motif Louis XII voulut faire reprendre à la Bièvre son ancien cours; mais on lit dans les registres de la ville[427] que le 19 janvier 1511 il donna ordre au prévôt des marchands et aux échevins de la faire repasser dans son premier canal. Cet ordre n'eut point alors son exécution, et les choses restèrent comme elles étoient jusque dans le dix-septième siècle: car le plan de Gomboust nous montre encore, en 1652, la Bièvre traversant l'enclos de Saint-Victor. Cependant un arrêt du conseil donné en 1672 en ordonna la suppression; et ce canal, qui avoit neuf pieds de large, fut enfin comblé en 1674.

La Bièvre, à son entrée à Paris, prend indistinctement ce nom et celui de rivière des Gobelins, parce qu'elle passe dans l'enclos de cette manufacture.

FONTAINES.