Ce collége s'honoroit d'avoir pour fondatrice Jeanne, comtesse de Bourgogne, épouse de Philippe-le-Long. Cette princesse avoit ordonné par son testament, fait en 1329, que son hôtel de Nesle seroit vendu, et que le prix qui en proviendroit serviroit à l'établissement d'un collége, dans lequel on recevroit vingt pauvres écoliers de la province de Bourgogne, auxquels elle léguoit en outre une somme de 200 livres. Ses exécuteurs testamentaires, ayant vendu l'hôtel de Nesle au duc de Berri, achetèrent en conséquence une maison vis-à-vis les Cordeliers, dans laquelle ils établirent, en 1331, un collége tel qu'elle l'avoit prescrit, sous le nom de Maison des écoliers de madame Jeanne de Bourgogne, reine de France. Cette fondation fut approuvée par le pape Jean XXII et par Guillaume de Chanac, évêque de Paris, en 1334 et 1335. Vers le même temps on érigea dans ce collége une chapelle sous l'invocation de la Vierge.

Cette fondation avoit été faite pour vingt boursiers étudiant en philosophie et non en d'autres facultés; et parmi eux devoient être choisis le principal et le chapelain. En 1340 on fonda un second chapelain. Par arrêt donné en 1536 il fut ordonné que les boursiers ne pourroient rester plus de cinq ans dans la maison; enfin, le 6 novembre 1607, le nombre des bourses fut réduit à dix, y compris le principal et les deux chapelains, par ordonnance du chancelier de l'église de Paris et du gardien des Cordeliers, proviseurs et administrateurs nés de ce collége; toutefois avec cette clause qu'on y donneroit le logement seulement à dix autres écoliers du comté de Bourgogne, lesquels seroient choisis de préférence pour remplir les places de boursiers qui viendroient à vaquer.

Le collége de Bourgogne avoit suivi le sort des autres petits colléges qui n'étoient pas de plein exercice, et sa réunion à l'Université avoit été faite en 1764. L'académie royale de chirurgie, placée dans la même rue entre l'église des Cordeliers et celle de Saint-Côme, se trouvant trop resserrée, et n'ayant pu jusqu'alors accroître ses bâtiments, profita de cette circonstance pour obtenir, en 1768, un arrêt du conseil qui nomma des commissaires et les autorisa à faire au nom du roi l'acquisition de ce collége et de quatre maisons qui en dépendoient, afin d'y placer les écoles de cette compagnie. Cette acquisition fut faite le 9 mars 1769.

Collége de Dainville (rue des Cordeliers).

Michel de Dainville, archidiacre d'Ostrevant, au diocèse d'Arras, fonda ce collége en 1380, tant en son propre nom que comme exécuteur testamentaire de Gérard et de Jean de Dainville ses frères. Cette fondation fut faite pour douze boursiers, parmi lesquels on devoit choisir le principal et le procureur, et dont six devoient être du diocèse d'Arras, six de celui de Noyon. Le fondateur les établit dans une maison qu'il possédoit à l'angle que forme la rue de la Harpe avec celle des Cordeliers; et sur le mur on plaça une sculpture qui représentoit les rois Jean et Charles V, avec les fondateurs, présentant à la sainte Vierge le principal et les boursiers de ce collége; il a été réuni en 1763 à celui de l'Université[606].

École gratuite de dessin (même rue).

Cette école, érigée par lettres-patentes du 20 octobre 1767, et placée d'abord dans les bâtiments du collége d'Autun, rue Saint-André-des-Arcs, fut ensuite transférée dans la rue des Cordeliers, à l'ancien amphithéâtre de Saint-Côme. Elle avoit été ouverte en faveur de cent cinquante jeunes gens que l'on y recevoit, quelle que fût leur profession, et même sans aucune profession, pourvu qu'ils eussent atteint l'âge de huit ans. Ils y apprenoient, suivant que leurs dispositions les y portoient, quelque branche de cet art, telles que l'architecture, la figure, les animaux, les fleurs, l'ornement, etc.; et, tous les ans, on y distribuoit de grands prix avec beaucoup de solennité.

Le roi étoit le protecteur de cette école, dont le lieutenant de police présidoit le bureau d'administration[607].

Collége de Séez (rue de la Harpe).

Ce collége fut fondé en 1427 par Jean Langlois, exécuteur testamentaire de Grégoire Langlois son oncle, évêque de Séez, pour huit boursiers, y compris le principal et le chapelain, dont quatre devoient être du diocèse de Séez et quatre de celui du Mans. La nomination de ces bourses se partageoit entre l'évêque de Séez et l'archidiacre de Passais. Jean Aubert, principal du collége de Laon, et commissaire député de l'évêque de Séez, y joignit depuis deux bourses nouvelles qui furent prises sur les sommes économisées par le principal de ce collége.