Cet hôtel étoit situé à l'extrémité de ce cul-de-sac, qui en avoit reçu le nom, et qui le porte encore aujourd'hui.

Hôtel de Saint-Jean-en-Vallée (rue des Cordeliers).

Cet hôtel, appartenant à l'abbé et aux religieux du monastère que nous venons de nommer, étoit situé dans cette rue, et s'étendoit jusqu'à la rue du Paon; il avoit été bâti, ainsi que partie du collége de Bourgogne, sur un terrain assez étendu, appartenant à l'abbaye Saint-Germain, lequel s'appeloit, au quatorzième siècle, le fief du couvent.

Hôtel des comtes de Harcour (rue des Maçons).

À la fin du siècle dernier, on voyoit encore au coin de cette rue, du côté des Mathurins, les restes d'une chapelle qui avoit fait partie d'un grand hôtel appartenant aux comtes de Harcour. Il passa depuis à la maison de Lorraine, car il est indiqué, en 1574, dans le compte du receveur du domaine de la ville: «L'hôtel de Harcour, dit de Lorraine appartenant de présent à M. Gilles Le Maistre, président en la cour de parlement.» Il fut occupé depuis par M. Le Maistre de Ferrières.

Le Parloir aux Bourgeois (rue de la Harpe).

Nous avons déjà dit que c'étoit ainsi que l'on appeloit autrefois le lieu d'assemblée des officiers municipaux. Il fut établi successivement dans divers endroits de la ville, et notamment dans une salle construite au-dessus de la porte de la ville située à l'extrémité de cette rue.

HÔTELS EXISTANTS EN 1789.

Hôtel de Cluni (rue des Mathurins).

Le palais des Thermes, dont nous avons déjà décrit le beau débris que l'on voit encore dans la rue de La Harpe, s'étendoit aussi dans la rue des Mathurins. Au treizième siècle il fut détruit et divisé en plusieurs parties. Celle qui régnoit sur cette rue fut acquise en 1243, d'abord par Raoul de Meulent, ensuite par Robert de Courtenai. Au commencement du quatorzième siècle, un de ses descendants, Jean de Courtenai, la vendit à l'évêque de Bayeux. Elle fut ensuite acquise par Pierre de Chalus, évêque de Cluni, quoiqu'il eût déjà une maison à la porte Saint-Germain et un logement au collége de Cluni. Enfin cet hôtel fut entièrement rebâti, suivant Jaillot, en 1490[628], par les soins de Jacques d'Amboise[629], abbé du même monastère, évêque de Clermont, etc. Cet édifice, qui existe encore en entier, et qui est bien conservé, nous semble un des monuments gothiques les plus élégants de la capitale, et mérite d'être visité par les curieux. Le portail et les croisées en sont couverts de sculptures très-délicatement travaillées; la chapelle, située au premier étage sur le jardin, offre une construction remarquable et singulière: la voûte, très-chargée de sculptures, est soutenue par un seul pilier de forme octogone élevé au milieu, et auquel viennent aboutir toutes les arêtes. Sur les murs de cette chapelle, qui peut avoir vingt à vingt-deux pieds carrés, étoient placés, en forme de mausolées, les portraits de la famille de Jacques d'Amboise, entre autres celui du cardinal; ils étoient la plupart à genoux, habillés suivant le costume du temps. Le fond étoit décoré d'un groupe de quatre figures représentant saint Jean, Joseph d'Arimathie et la Vierge qui pleure sur le corps de son fils. Le piédestal de ce groupe servoit d'autel[630].