Rue Bout-de-Brie. Elle aboutit d'un côté à la rue du Foin, de l'autre à celle de la Parcheminerie. On lit dans plusieurs actes, Bourg-de-Brie, Bout-de-Brye, Bouttebrie, du Bourc-de-Brie, Boudebrie, et ce sont autant d'altérations du nom primitif qui étoit Erembourg ou Eremburge de Brie, vicus Eremburgis de Briâ et de Bratâ en 1284 et 1288, ainsi qu'on le lit dans un cartulaire de la Sorbonne. Avant la fin du quatorzième siècle on lui donnoit le nom de rue des Enlumineurs, sans doute à cause de ceux qui s'y étoient établis. On la trouve en 1371 et 1373 sous l'un et l'autre de ces deux derniers noms[645].
Rue des Trois-Chandeliers. On nomme ainsi une des descentes de la rue de la Huchette à la rivière, en face de la rue Zacharie. Sauval[646], confondant cette rue avec une autre, qui lui est parallèle, lui donne en conséquence plusieurs noms qu'elle n'a point portés. Elle est nommée, dans le quatorzième siècle, rue Berthe, et rue et port aux Bouticles. Ce dernier nom lui venoit des boutiques ou bateaux placés à son extrémité, dans lesquels on conservoit le poisson. On l'appela ensuite Bertret par corruption. Depuis ce temps, quelques chandeliers s'y étant établis, la firent nommer rue Chandelière[647]. Enfin elle prit le nom des Trois-Chandeliers, de l'enseigne d'une maison qui en faisoit le coin[648].
Rue du Chat-qui-Pêche. Elle commence à la rue de la Huchette, et aboutit à la rivière. Le censier de Sainte-Geneviève l'appelle, en 1540, ruelle des Étuves; on la trouve aussi désignée sous le nom de rue de Renard[649].
Rue Christine. Elle traverse de la rue Dauphine dans celle des Grands-Augustins. On l'ouvrit, en 1607, sur une partie de l'emplacement de l'hôtel et des jardins du collége Saint-Denis. Le nom qu'elle porte lui fut donné en l'honneur de Christine de France, seconde fille de Henri IV.
Rue du Cloître-Saint-Benoît. Elle donne d'un bout dans la rue des Mathurins, et de l'autre vient tourner par un passage voûté dans la rue Saint-Jacques. (Voyez [rue des Mathurins].)
Rue de Cluni. Elle commence à la place de Sorbonne, et finit à la rue des Cordiers. Son nom lui vient du collége de Cluni, qu'elle avoisine: elle le portoit dès la fin du treizième siècle. Guillot l'appelle rue à l'abbé de Cluni.
Rue Contrescarpe. Elle traverse de la rue Dauphine dans celle de Saint-André-des-Arcs, et tire son nom de son ancienne situation, le long des murs de l'enceinte de Philippe-Auguste. Dans le procès-verbal de 1636, on la trouve sous la dénomination de rue de Basoche.
Rue des Cordeliers. Cette rue, ainsi nommée des religieux qui s'y sont établis, aboutit d'un côté à la rue de la Harpe, et de l'autre à celle de Condé, vis-à-vis la rue des Boucheries. Guillot l'appelle rue des Cordèles, et elle prit le nom de rue Saint-Germain lorsque la rue Saint-André-des-Arcs cessa de le porter[650]. En 1304, un acte la présente sous celui de rue Saint-Cosme et Saint Damian. Elle finissoit anciennement au-dessus de la rue du Paon, à la place où étoit une des portes de l'enceinte de Philippe-Auguste.
Rue des Cordiers. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, et de l'autre à celle de Cluni. On ne peut guère douter, dit Jaillot, qu'elle ne doive ce nom à des cordiers auxquels on avoit permis d'y filer du chanvre. Guillot l'appelle rue as Cordiers. Il y a quelque apparence qu'anciennement elle se prolongeoit jusqu'à la rue de la Harpe, et que le passage des Jacobins en a occupé depuis une partie.
Rue Dauphine. Elle commence au bout du Pont-Neuf, et aboutit au carrefour que forment les rues Saint-André-des-Arcs, de la Comédie, Mazarine et de Buci. Henri IV ayant fait achever le Pont-Neuf, et voulant en faciliter la communication avec le faubourg Saint-Germain, fit ouvrir cette rue, en 1607, sur le jardin des Augustins, et sur les bâtiments du collége Saint-Denis. Le nom qu'elle portoit lui fut donné en l'honneur du Dauphin. On le donna également à une porte que l'on fit bâtir à son extrémité. Cette porte, située presque vis-à-vis la rue Contrescarpe, fut abattue en 1672.