Rue du Jardinet. Cette rue donne d'un côté dans la rue Mignon, de l'autre dans le cul-de-sac de la cour de Rouen, au coin des rues du Paon et de l'Éperon. Elle se prolongeoit anciennement jusqu'à la rue Hautefeuille, et de ce côté portoit le nom des Petits-Champs; ce nom fut ensuite donné à la rue entière. Depuis on l'appela rue de l'Escureul et des Escureux; enfin rue du Jardinet; peut-être, dit Jaillot, à cause du jardin de l'hôtel et collége de Vendôme, compris entre cette rue et celle du Battoir[664].
Rue Mâcon. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-André-des-Arcs, et de l'autre à la rue de la Harpe, au coin de celle de la Vieille-Bouclerie, laquelle a porté le même nom. Toutes les deux le devoient à l'hôtel des comtes de Mâcon, dont nous avons déjà parlé.
Rue de l'Abreuvoir-Mâcon. C'est une descente du carrefour des rues Saint-André-des-Arcs, de la Vieille-Bouclerie et de la Huchette, à la rivière. C'étoit par ce passage que l'on menoit abreuver les chevaux des comtes de Mâcon, et son nom a la même origine que celui de la rue. Il est fait mention de cet abreuvoir dès 1272[665].
Rue des Maçons. Elle donne d'un côté dans la rue des Mathurins, et aboutit de l'autre à la place de Sorbonne. Corrozet l'appelle rue du Palais-au-Terme, autrement des Maçons. Le premier de ces noms appartenoit d'abord à la rue des Mathurins, et ne fut donné à celle des Maçons que lorsque l'autre eut pris le nom des religieux qui s'y sont établis. Piganiol l'appelle seul rue aux Bains et aux Étuves.
Celui qu'elle porte aujourd'hui lui vient, selon Jaillot, d'un bourgeois nommé Le Masson, lequel y demeuroit au commencement du treizième siècle. On trouve, en 1254, vicus Cementariorum[666], et dans plusieurs actes subséquents jusqu'en 1296, vicus Lathomorum. Cette rue se prolongeoit autrefois jusqu'à celle des Poitevins; on en a retranché une partie pour faire la place de Sorbonne.
Rue des Mathurins. Elle traverse de la rue de la Harpe à la rue Saint-Jacques. Elle avoit pris, dans l'origine, des Thermes de Julien qui y sont situés, le nom de rue du Palais-du-Therme, du Palais-des-Thermes; en 1220, vicus de Termis, de Terminis. Piganiol lui donne encore, mais mal à propos, le nom de rue des Bains ou des Étuves. Il paroît que l'abbé Lebeuf s'est aussi trompé en la désignant sous celui de rue Saint-Mathelin, qui alors étoit effectivement synonyme de Mathurin. C'est à la partie de la rue Saint-Jacques qui l'avoisine que ce nom appartenoit; celle dont nous parlons est encore nommée rue du Palais-du-Therme et rue du Palaix dans des titres de 1421 et 1450. Il n'y a guère que trois siècles qu'on lui a donné sa dernière dénomination[667]. Vis-à-vis des Mathurins est une rue qui conduit au cloître Saint-Benoît: Jaillot croit le reconnoître, dans le cartulaire de Sorbonne et à l'année 1243, sous le nom de vicus Andriæ de Macolis; elle est indiquée rue d'André-Machel dans un acte de 1254. Aujourd'hui elle se confond avec l'ancien cloître sous le nom commun de rue du Cloître-Saint-Benoît.
Rue Mignon. Elle traverse de la rue du Battoir dans celle du Jardinet, qui, comme nous l'avons remarqué, a porté le nom de rue des Petits-Champs. Il fut aussi donné à la rue Mignon, qui fait équerre avec l'autre. Quant à sa dernière dénomination, elle la doit au collége du même nom dont nous avons déjà parlé.
Rue de l'Observance. Cette rue, qui aboutit d'un côté à la rue des Cordeliers, de l'autre à celle des Fossés-de-Monsieur-le-Prince, fut percée en 1672. Elle a pris le nom qu'elle porte de l'église et de la principale porte des Cordeliers, dits de l'Observance, qui y étoient situées.
Rue du Paon. Elle aboutit d'un côté à la rue des Cordiers, de l'autre à celle du Jardinet. Ce nom lui vient d'une enseigne, et elle le portoit dès 1246[668]. Sauval s'est trompé en lui donnant celui de rue de l'Archevêque-de-Reims[669], lequel ne convient qu'au cul-de-sac situé dans cette rue, comme Jaillot l'a démontré[670].
Rue de la Parcheminerie. Elle traverse de la rue Saint-Jacques à celle de la Harpe. Suivant le cartulaire de Sorbonne, on la nommoit rue des Écrivains, vicus Scriptorum en 1273[671]. Guillot l'appelle rue as Écrivains. Comme le parchemin étoit la seule matière sur laquelle on écrivît, elle en prit son dernier nom; et l'on trouve en 1387 vicus Pergamenorum[672], et dans tous les titres du siècle suivant, rue des Parcheminiers et de la Parcheminerie.