Rue Pavée. Cette rue, qui traverse du quai des Augustins à la rue Saint-André-des-Arcs, étoit ainsi nommée dès le treizième siècle. Au seizième on l'appeloit rue Pavée-d'Andouilles, dénomination dont l'origine est entièrement inconnue.
Rue Percée. Elle aboutit d'un côté à la rue Hautefeuille, de l'autre à celle de la Harpe. Guillot ne nomme pas cette rue; elle existoit cependant au temps où il écrivoit. On la trouve indiquée, en 1262, 1266 et 1277, sous le nom de vicus Perforatus. Dans plusieurs actes du siècle suivant, elle est nommée rue Percée, dite des Deux-Portes.
Rue Pierre-Sarrasin. Cette rue, qui traverse de la rue Hautefeuille à celle de la Harpe, doit son nom à un bourgeois, lequel possédoit, au treizième siècle, plusieurs maisons en cet endroit. Dans un compte de 1511[673] elle est appelée rue Jean-Sarrasin; mais elle ne tarda pas à reprendre son premier nom, qu'elle a conservé jusqu'à présent.
Rue des Poirées. Elle commence à la rue Saint-Jacques; et faisant un retour d'équerre, sous le nom de rue Neuve-des-Poirées, elle vient aboutir à la rue des Cordiers. L'ancien nom de cette rue étoit Thomas et ensuite Guillaume-d'Argenteuil; c'est ainsi qu'elle est indiquée, en 1236, dans le cartulaire de Sorbonne[674]. On trouve ensuite vicus ad Poretas en 1264, et vicus Poretarum en 1271. Cette rue se prolongeoit autrefois jusqu'à celle des Maçons, et avoit reçu populairement le nom de rue aux Écoliers-de-Rhétel, à cause du collége de ce nom qui y étoit situé; mais dans tous les actes on la trouve désignée sous celui de rue Porée, des Porées et des Poirées.
Rue des Poitevins. Elle forme un équerre, et aboutit d'un côté à la rue Hautefeuille, de l'autre à celle du Battoir. On la nommoit, en 1253, rue Gui-le-Gueux, ensuite Gui-le-Queux dite des Poitevins, enfin simplement des Poitevins en 1288. Plusieurs auteurs tels que Sauval, Dom Bouillart, Dom Félibien la nomment Ginart-aux-Poitevins et Gerard-aux-Poitevins; deux titres de 1356 l'appellent Guiard-aux-Poitevins[675].
Place du Pont-Saint-Michel. Elle est située à l'extrémité du quai des Augustins. L'abbaye Saint-Germain y avoit autrefois un pressoir pour faire vin et verjus; et c'étoit sur cette place que se faisoient les ventes par ordonnance de justice; depuis elles ont été transportés sur la place du Châtelet.
Rue des Deux-Portes. Elle traverse de la rue Hautefeuille à celle de la Harpe, et doit ce nom aux portes qui la fermoient à ses extrémités. Elle le portoit des 1450.
Rue Poupée. Elle aboutit d'un côté à la rue de la Harpe, de l'autre à celle de Hautefeuille. Dans le douzième siècle, elle est désignée sous le nom de Popée[676]; en 1300 on l'appeloit Poupée, et depuis, par altération ou par faute de copiste, Poinpée et Pompée.
Rue Neuve-de-Richelieu. Elle conduit de la rue de la Harpe à la place et à l'église de Sorbonne. Ce fut pour donner un point de vue à ce monument que, dès 1637, on projeta de faire une place vis-à-vis, et d'ouvrir une rue qui donneroit dans celle de la Harpe. Cette rue fut effectivement ouverte en 1639 sur un terrain formé de quelques dépendances des colléges de Cluni et du Trésorier. Elle a été quelquefois désignée sous les noms de rue des Thrésoriers et de Sorbonne.
Rue de Savoie. Elle traverse de la rue des Grands-Augustins dans la rue Pavée, et doit son nom à l'hôtel de Savoie situé dans cette dernière rue, lequel en occupoit tout l'espace jusqu'à celle des Grands-Augustins.