Rue Serpente. Elle aboutit d'un côté à la rue Hautefeuille, de l'autre à celle de la Harpe. Elle devoit ce nom aux sinuosités qu'elle formoit avant d'avoir été redressée. Dès 1250 on l'appeloit rue de la Serpente et vicus Serpentis. Guillot écrit, pour la rime, de la Serpent.

Rue Saint-Séverin. Cette rue, qui aboutit d'un côté à la rue de la Harpe, et de l'autre à la rue Saint-Jacques, est fort ancienne et doit son nom à l'église que nous y voyons. On la trouve, on ne sait pourquoi, indiquée, dans un compte du domaine de 1574, rue Colin-Pochet, autrement dite Saint-Séverin[677].

Rue des Prêtres-Saint-Séverin. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Séverin, de l'autre à celle de la Parcheminerie. On l'appeloit, en 1244, ruelle devant ou près Saint-Séverin. En 1260 et 1264, les titres de Sorbonne la nomment strictus vicus sancti Severini; les actes du temps, ruelle et ruellette Saint-Séverin, ruelle de l'archiprêtre. En 1489, on disoit ruelle Saint-Séverin dite au Prêtre, et simplement ruelle au Prêtre en 1508.

Rue de Sorbonne. Elle commence à la rue des Mathurins, et aboutit à la place de Sorbonne. Le nom le plus connu que cette rue ait porté est celui des Portes et des Deux-Portes; on le lui donnoit encore en 1283, quoique, suivant le cartulaire de Sorbonne, on l'appelât, dès 1281, vicus de Sorboniâ et de Sorbonio. Guillot la nomme rue as Hoirs de Sabonnes; Du Breul l'a confondue avec la rue de Coupegueule.

Place de Sorbonne. Elle fut formée du retranchement d'une partie de la rue des Poirées, qui, comme nous l'avons dit, se prolongeoit alors jusqu'à la rue des Maçons.

Rue de Touraine. Elle aboutit d'un côté à la rue des Cordeliers, de l'autre à celle des Fossés-de-Monsieur-le-Prince. C'est mal à propos que sur les plans modernes elle est nommée rue de Turenne. On l'ouvrit, vers la fin du dix-septième siècle, presque sur le même alignement que la rue du Paon, et comme elle sembloit en faire la continuation, on lui donna le nom de Touraine, à cause de l'hôtel de Tours situé dans cette dernière rue.

Rue Zacharie. Elle traverse de la rue Saint-Séverin à celle de la Huchette. Ce nom est altéré; on disoit en 1219 rue Saqualie, vicus qui dicitur Sachalia[678]; les cartulaires de Sorbonne et de Saint-Germain lui donnent le même nom en 1262 et 1276. Ce nom étoit celui d'une maison qui y étoit située. La négligence des copistes en a altéré l'orthographe, et ils écrivirent successivement sac-alie, saccalie, sac-à-lie, sac-alis, saccalit. Cette rue est nommée Zacharie dans le procès-verbal de 1636, et depuis a toujours conservé cette dernière dénomination[679].

QUAIS.

Quai des Augustins. Il aboutit d'un côté au Pont-Neuf, de l'autre à la rue du Hurepoix. Jusqu'au règne de Philippe-le-Bel il n'y avoit entre les Augustins et la rivière qu'un terrain en pente douce, planté de saules, et qui servoit de promenade aux habitants du voisinage; toutefois la moindre inondation rendoit le passage difficile, souvent même impraticable, et ruinoit les maisons qu'on y avoit bâties. Ces inconvénients devinrent si graves que ce prince donna ordre au prévôt des marchands de détruire cette saussaie, et de faire construire un quai depuis l'hôtel de Nesle jusqu'à la maison de l'évêque de Chartres. Cet ordre fut exécuté en 1313[680]; en 1389 on l'appeloit rue de Seine par où l'on va aux Augustins, et depuis rue du Pont-Neuf (Saint-Michel) qui va aux Augustins; en 1444 rue des Augustins. Ce quai, ainsi que la rue des Augustins, doit le nom qu'il porte aux religieux qui s'y sont établis. Les marchés à la volaille et au pain y avoient été établis par arrêt du conseil de 1676, et une inscription placée au coin de la rue témoignoit qu'il avoit été entièrement reconstruit en 1708[681].

MONUMENTS NOUVEAUX