[199]: Il les laissa sous les ordres de Tavannes, Valon et Clinchamp; mais, quels que fussent les talents de ces officiers, ils ne pouvoient le remplacer que bien imparfaitement, et ce fut une faute très-grande d'avoir quitté son armée dans des circonstances qui pouvoient lui devenir si favorables.

[200]: Ils sollicitèrent une assemblée de l'hôtel-de-ville, qui députa ensuite vers Gaston, pour lui dire «qu'il paroissoit contre l'ordre que M. le prince entrât dans la ville avant de s'être justifié sur la déclaration enregistrée contre lui au parlement.» Gaston répondit dans le sens de la députation, et rétracta sa réponse, lorsqu'il eut vu les mouvements de la populace ameutée par Chavigni.

[201]: Les campagnes, ravagées par les soldats, n'offroient, dans tous les lieux où avoient passé les armées, que le spectacle d'une entière destruction. La cessation absolue du paiement des impôts avoit réduit la cour elle-même à une indigence qui semble à peine croyable, et souvent le roi manquoit des choses les plus nécessaires à la vie. Les troupes étoient dénuées de tout, et ne vivoient que de pillage; les blessés mouroient souvent faute de soins et de nourriture.

[202]: Il ne semble pas que, dans l'invasion de ses états, on se fût conduit envers lui avec plus de justice et de probité. Dans un système de politique extérieure commencé par Richelieu et continué par son élève Mazarin, on n'avoit pas le droit de reprocher à qui que ce fût de n'avoir ni foi ni loi.

[203]: La populace étoit pour Condé, mais la plupart des colonels de quartiers suivoient le parti de la cour; il y eut même, dit-on, un projet formé par Guénegaud, trésorier de l'épargne, pour livrer la porte du Temple à l'armée royale.

[204]: Pour se défendre du brigandage des Lorrains.

[205]: Les rues de Charonne, de Charenton et du faubourg Saint-Antoine.

[206]: Mazarin, le voyant ainsi balancer, craignit que cette incertitude ne fût le fruit de quelque intelligence secrète avec le prince, et lui envoya l'ordre exprès d'attaquer, «comme si, dit Turenne lui-même, il n'y avoit qu'à avancer pour défaire les ennemis.»

[207]: Le duc de Nemours y reçut treize coups de feu dans ses armes, et La Rochefoucauld un coup au-dessus des yeux, qui lui fit perdre la vue pendant quelque temps.

[208]: Parmi les personnages de distinction qui furent tués, tant d'un côté que de l'autre, dans cette sanglante affaire, on compte Saint-Maigrin, Mancini, neveu du cardinal, Flamarens, La Roche-Griffard; les comtes de Castries et de Bossut, Tauresse, du nom de Montmorenci, etc. Guitaut, Jarsay, Valon, Clinchamp, Coigny, Melun, de Foix et une foule d'autres furent blessés.