[209]: À la dernière volée, le cardinal, faisant allusion à la passion démesurée qu'avoit la princesse d'épouser le roi, dit en riant: «Voilà un boulet de canon qui vient de tuer son mari.» Le président Hénault a raison de dire que, pour hasarder cette action plus que hardie, elle avoit obtenu un ordre de Gaston, conservé dans la bibliothèque du roi; mais il faut avouer en même temps qu'elle avoit sollicité cet ordre, et qu'elle contribua plus que personne à le faire exécuter.

[210]: Ses louanges retentissoient partout, et jusque dans le camp ennemi. «Ah! madame, dit Turenne à la reine, vous ne m'aviez envoyé que contre un prince de Condé, et j'en ai trouvé mille; je n'avois pas besoin de le chercher, je le trouvois toujours à ma rencontre.»

[211]: Dans cette lettre, le roi déclarant aux officiers municipaux qu'il étoit content de leur conduite, parce qu'il savoit que l'armée rebelle avoit été introduite dans Paris malgré eux (ce qui étoit vrai), les exhortoit à persévérer dans ces sentiments de fidélité, et à remettre l'assemblée à huitaine.

[212]: Le moindre pain valoit huit sous la livre; il n'y avoit plus ni police, ni frein, ni subordination. Enhardi par l'exemple des soldats qui pilloient les environs de la ville et qui vendoient publiquement leur butin, le peuple sembloit épier l'occasion de commencer un pillage dans Paris même; ceux qui auroient pu le contenir, bons bourgeois ou magistrats, se cachoient ou trouvoient le moyen de s'échapper, malgré les gardes que l'on avoit mis aux portes pour empêcher de sortir de la ville.

[213]: Il plaça des soldats dans l'archevêché et dans les maisons voisines; il fit des amas de vivres, de munitions, et garnit de grenades les tours de la cathédrale.

[214]: Le parlement refusoit d'obéir aux ordres du roi, parce qu'il le disoit prisonnier de Mazarin; et en même temps il lui demandoit, pour rentrer sous son obéissance, de renvoyer le ministre qui le tenoit en captivité.

[215]: On a prétendu que la véritable cause de ce duel étoit une rivalité d'amour dont madame de Châtillon[215-A] étoit l'objet. On peut croire aussi que le ressentiment de l'outrage qu'il avoit essuyé à Orléans n'étoit point encore éteint dans le cœur de Nemours. Ils se battirent derrière l'hôtel Vendôme, cinq contre cinq. Nemours apporta lui-même les épées et les pistolets, et chargea ceux-ci de sa propre main. Quand il en présenta un à Beaufort, celui-ci fit encore un dernier effort pour l'arrêter: «Ah! mon frère! lui cria-t-il affectueusement, qu'allons-nous faire? pourquoi nous égorger? quelle honte! Oublions le passé et vivons bons amis.—Ah! coquin, répondit Nemours, tu trembles! Il faut que l'un de nous deux reste sur la place.» Beaufort, après avoir reçu son feu, le tua roide de trois balles, qui le percèrent au-dessus de la mamelle, au moment même où, jetant son pistolet, ce furieux se précipitoit sur lui l'épée à la main. Le marquis de Villars, l'un des seconds de Nemours, tua son adversaire Héricourt, qu'il n'avoit jamais vu auparavant.

[215-A]: Elle partageoit depuis long-temps ses faveurs entre Nemours et Condé. Ce dernier en étoit passionnément amoureux.

[216]: Plusieurs disent au contraire que ce fut le comte de Rieux qui, dans la chaleur de la dispute, osa faire le premier un geste menaçant que le duc d'Orléans punit seulement par quelques jours de prison, et dont, dans tout autre temps, Condé eût tiré une vengeance plus éclatante.

[217]: Il étoit alors parvenu auprès de la reine à une faveur assez grande pour donner à Mazarin de véritables inquiétudes.