[91]: Louisbourg est une place qui pouvoit se défendre, et rendre tous les efforts inutiles, si on avoit eu assez de munitions.» (Voyez Précis du Siècle de Louis XIV, ch. XXVIII.)
[92]: Le roi de Prusse garda la Silésie qu'il avoit conquise, et le roi de Sardaigne conserva une partie du Milanois qui avoit été le prix de son alliance avec la reine de Hongrie.
[93]: Il convient cependant de donner une juste idée des persécutions cruelles exercées par ce monarque contre ces honnêtes sectaires, qui, comme tout le monde sait, étoient des agneaux pour la douceur, point persécuteurs; au contraire, pleins de charité à l'égard de ceux qui avoient le malheur de ne pas être de leur avis. Il est à propos de dévoiler les horreurs que l'on exerça contre eux, et dont le père Letellier, cet atroce et farouche jésuite, fut l'instigateur; il faut enfin déchirer les voiles et montrer à tous les yeux ces victimes nombreuses qu'un historien moderne (M. Lacr......) nous représente, en style pathétique et en phrases plus ou moins harmonieuses, entassées dans les cachots de la Bastille et de Vincennes, et lorsqu'elles furent enfin délivrées sous la régence, «défilant lentement au milieu de leurs parents et de leurs amis:» spectacle, ajoute cet historien, bien propre à aigrir les esprits contre la mémoire de Louis XIV. Or les écrits du temps les plus favorables à la cause du jansénisme nous apprennent que, jusqu'au mois d'octobre 1715, il avoit été mis DEUX personnes à Vincennes et QUATRE à la Bastille, six en tout; et ces écrits les nomment[93-A]. Telle est la liste effrayante de ces victimes qui défilèrent lentement et processionnellement en sortant de ces cachots où elles avoient été entassées. Voilà comme certaines gens écrivent l'histoire au XIXe siècle. En ce genre, nous sommes forcés d'avouer que nous ne connoissons rien de plus curieux que l'histoire ou plutôt les histoires de M. Lacr....., que tant de braves gens lisent pour leur instruction, et dont il faut espérer toutefois que quelque jour justice sera faite.
[93-A]: Voyez les Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique du 18e siècle, t. I, p. 111, 2e édition.
[94]: Le 25 mai 1715.
[95]: Les Hexaples et le Témoignage de la Vérité[95-A]. «On y lisoit ces énormes maximes, que les peuples ne doivent point écouter leurs pasteurs; que les disciples ne doivent point être enseignés par leurs maîtres; que les fidèles n'ont pas la seule docilité pour partage. On y enseignoit au contraire que les peuples ont un droit acquis de s'élever contre tout ce qui blesse leurs préventions et d'en décider par leurs clameurs. On citoit à ce tribunal de l'esprit particulier les conciles généraux eux-mêmes, pour s'assurer de l'authenticité de leurs canons; et on faisoit du soulèvement du peuple la souveraine règle vivante et infaillible de notre foi. Telle étoit la monstrueuse doctrine du livre du Témoignage de la Vérité.»
«Le livre des Hexaples n'étoit pas moins impie. Le but principal de son auteur étoit d'opposer la doctrine de l'Écriture et des Pères à celle de la Constitution, d'y mêler des remarques propres à étouffer dans le cœur des fidèles les sentiments de soumission et de respect qui sont dus au Saint-Siége, de justifier les Réflexions morales aux dépens de tous ceux qui les avoient si formellement proscrites, et d'invectiver contre les auteurs d'une morale opposée à la sienne.» (Lafiteau, Histoire de la Bulle Unigenitus, t. I, p. 320, in-12.)
[95-A]: L'auteur des Hexaples se nommoit Fouillou; celui du Témoignage étoit un oratorien nommé La Borde.
[96]: Ils étoient au nombre de douze, y compris leur chef, le cardinal de Noailles.
[97]: Outre que la convocation n'en étoit pas aisée dans les circonstances où l'on se trouvoit, le pape ne voyoit pas la nécessité d'une semblable assemblée pour sanctionner une loi, qu'à l'exception de quelques réfractaires, tous les évêques du monde chrétien avoient reçue avec le respect qui lui étoit dû. Qui pouvoit assurer d'ailleurs qu'après que le concile auroit été convoqué, les Quesnélistes n'imiteroient pas les Calvinistes dans la conduite que ceux-ci avoient tenue à l'égard du concile de Trente? (Lafiteau, Histoire de la Bulle Unigenitus, t. I, p. 355, in-12.)