On lit encore dans le même recueil que, «le 24 janvier 1656, l'évêque de Lodève rendant compte, en présence du cardinal de Mazarin qui présidoit l'assemblée, des principaux points contenus au cahier des plaintes du clergé, dit que le second (point) étoit des empêchements que reçoivent les évêques dans leur juridiction, lesquels procédoient de ce que les juges royaux étendoient la leur au delà de l'ancienne coutume, lois et ordonnances du royaume, et rendoient l'ecclésiastique tout-à-fait inutile et sans pouvoir; que si l'on remontoit jusqu'aux sources et l'on considéroit l'usage continuel que les évêques avoient observé depuis treize à quatorze cents ans, l'on verroit qu'ils ont exercé paisiblement leur juridiction suivant le droit, les canons et les coutumes anciennes, sans y avoir été troublés par la juridiction séculière; mais que, depuis François Ier, les désordres des guerres civiles avoient donné occasion aux juges laïques de tout entreprendre sur les ecclésiastiques; qu'ils en ont toujours porté leurs plaintes aux rois et obtenu de leur justice le rétablissement de la juridiction ecclésiastique en certains points, qui ont demeuré néanmoins sans exécution par la résistance des juges séculiers, et par les modifications que les parlements ont apportées aux registres des ordonnances et déclarations des rois.» (P. 300, § XVI.)
[130]: Lafiteau, t. 2, p. 252.
[131]: Lafiteau, t. 2, p. 259-260. C'étoit la première fois que ces idées républicaines étoient si clairement énoncées; et l'on ne peut trop remarquer qu'elles venoient d'un parti qui affectoit un zèle ardent pour la cause des rois, et prétendoit n'avoir entamé cette guerre et ne la soutenir, que pour défendre leur autorité contre les usurpations des papes, qu'ils appeloient une puissance étrangère.
[132]: Les mandements furent condamnés au feu et brûlés en même temps que les Nouvelles ecclésiastiques, cette gazette clandestine des jansénistes dont nous avons déjà parlé. On ne dit point ce qu'il advint par la suite des mandements; mais la gazette n'en continua pas moins de paroître très régulièrement, et fut lue avec la même avidité.
[133]: On eut égard à cette partie de la demande; et l'affaire ayant été évoquée au conseil du roi, il fut permis à l'archevêque de publier son mandement. Les avocats signataires de la consultation en furent choqués et fermèrent leur cabinet. La plupart de leurs confrères imitèrent cet exemple; on cria que l'honneur du corps étoit outragé; ceux qui refusèrent d'entrer dans la ligue furent honnis, et le public prit parti dans cette querelle. Dix des plus ardents furent exilés; mais cet acte de sévérité effraya la cour elle-même qui l'avoit tenté. Lorsqu'elle vit que les autres n'en étoient point intimidés, elle négocia avec eux; ils voulurent bien rentrer au Palais, et les dix exilés furent rappelés. On apprit ainsi ce qu'une résistance persévérante pouvoit obtenir de la foiblesse du pouvoir et de la position fausse où il s'étoit placé.
[134]: En 1727.
[135]: Lafiteau, t. 2, p. 280.
[136]: Ibid., p. 278. Ces inconcevables folies, et beaucoup d'autres semblables, furent sérieusement débitées dans trois ouvrages qui parurent alors, sous le titre commun de Vie de M. Pâris, diacre.
[137]: Du nom de Molina, jésuite espagnol, auteur d'un système sur la grâce et le libre arbitre, système qui a trouvé des adversaires très passionnés, mais que le Saint-Siége n'a pas condamné, et qui s'est toujours enseigné comme opinion libre dans les écoles.
[138]: Il fut fermé le 27 janvier 1732.