[174-A]: Sur l'attentat de Jean Châtel, voyez le tome 1 de cet ouvrage, première partie, p. 228.
[175]: Les affaires ecclésiastiques furent alors confiées à M. de Jarente, évêque d'Orléans, qui, dans cette fin du dix-huitième siècle, a acquis une si honteuse célébrité. Sous son administration, la faculté de théologie, que le parlement tenoit, depuis plusieurs années, sous son joug tyrannique, fut en butte aux plus indignes traitements, et privée de plusieurs de ses membres les plus éclairés et les plus courageux.
[176]: Un officier, nommé Jumonville, avoit été envoyé vers eux en négociateur, à l'occasion de quelques différents que la construction d'un fort sur le territoire françois avoit élevés entre les gouverneurs des établissements limitrophes. Ils le reçurent en cette qualité, et, tandis qu'il exposoit le sujet de sa mission, se jetèrent sur lui, le massacrèrent, et, avec lui, huit soldats de son escorte; les autres furent faits prisonniers.
[177]: Cette complaisance, il l'avoit poussée jusqu'à violer, à l'égard du prince Édouard, les droits du malheur et de l'hospitalité, en lui signifiant, sur la demande ou plutôt sur l'injonction du cabinet de Londres, de quitter sans délai le territoire françois. Le prince refusa, décidé, disoit-il, à ne céder qu'à la force. On l'employa contre lui: il fut enlevé comme il entroit à l'Opéra, jeté dans une chaise de poste et conduit à Vincennes. Trois jours après, il sortit de France. (Ceci étoit arrivé en 1748.)
[178]: Le maréchal de Mirepoix.
[179]: Alors l'Europe chrétienne, dit Voltaire, se trouva partagée entre deux grands partis qui se ménageoient l'un l'autre, et qui soutenoient chacun de leur côté cette balance: les États de l'impératrice, reine de Hongrie, et une partie de l'Allemagne, la Russie, l'Angleterre, la Hollande, la Sardaigne, composoient une de ces grandes factions; l'autre étoit formée par la France, l'Espagne, les Deux-Siciles, la Prusse, la Suède. Toutes les puissances restèrent armées; et on espéra un repos durable, par la crainte même que les deux moitiés de l'Europe sembloient inspirer l'une à l'autre. (Précis du Siècle de Louis XV, ch. XXX.)
[180]: Duclos, Mém. secrets, t. 2, p. 299.
[181]: «On a prétendu, dit Duclos, que l'attaque du fort Saint-Philippe, à Mahon, étoit une entreprise folle. Il est vrai qu'on ne s'y fût peut-être pas engagé, si on l'eût connu exactement: on s'étoit déterminé sur un plan fourni par l'Espagne; mais on ignoroit l'état de la place depuis que les Anglois la possédoient, et il n'y eut que l'intrépidité du soldat françois qui suppléa à tout.» (Duclos, Mém. secrets, t. 2, p. 310.)
[182]: Voyez p. [107], [108] et [151] de cette deuxième partie.
[183]: Comme homme de guerre, Frédéric est, sans contredit, un des plus grands génies qui aient paru dans le monde. Avant lui, il y avoit eu, parmi les modernes, des hommes supérieurs dans plusieurs parties de l'art militaire; mais on peut dire que la tactique y étoit encore à son enfance, ou plutôt que ses principes, servilement calqués sur ceux des anciens, étoient en contradiction avec les moyens si différents d'attaque et de défense que l'on a depuis inventés, et que l'on employoit sans en connoître la véritable application. Ce fut en substituant l'ordre mince à l'ordre profond, que cet homme extraordinaire renversa d'un seul coup toutes les vieilles routines, et qu'il opéra principalement ces prodiges qui frappèrent son siècle d'étonnement et d'admiration, et lui ont valu une si grande place dans la postérité. Buonaparte, qui avoit aussi le génie militaire, et qui se trouvoit, de même que le roi de Prusse, dans une position indépendante, a fait en ce genre de grandes choses, pour avoir su imiter en plusieurs points un si habile maître, avec cette différence qu'il n'a rang qu'à une distance considérable de son modèle, non seulement par cette qualité d'imitateur, mais encore parce qu'il a opéré avec des moyens immenses, tandis que Frédéric luttoit contre l'Europe entière avec les foibles ressources de son petit État. Il est hors de doute que là où le héros prussien s'est sauvé, Buonaparte auroit mille fois péri.