[184]: La reine de Pologne montra plus de caractère que son mari; elle ne voulut jamais sortir de Dresde, et y mourut bientôt, succombant à ses chagrins et aux duretés qu'elle eut à essuyer de la part du vainqueur.

[185]: Dans le premier effroi que lui avoit causé la blessure que lui avoit faite Damiens, Louis XV avoit senti renaître, comme dans sa maladie de Metz, ses remords et ses sentiments religieux, et avoit ordonné qu'on renvoyât madame de Pompadour. Machault, non moins alarmé, mais par un motif bien différent, s'étoit, à l'instant même, tourné contre sa protectrice plus bassement encore qu'il ne l'avoit adulée, et avoit voulu lui-même lui signifier l'ordre de se retirer. On pense bien qu'elle ne pouvoit lui pardonner. Quant à d'Argenson, il montra aussitôt pour le dauphin un empressement que Louis XV ne lui pardonna pas davantage.

[186]: Peu s'en fallut que ce prince impie n'effrayât le monde d'un crime inoui dans la chrétienté, et qu'il n'y donnât le premier exemple du suicide d'un roi. On en trouve la preuve dans l'épître en vers qu'il adressa alors à Voltaire, et qui fut remise à celui-ci par le marquis d'Argens.

[187]: Ayant reconnu, à la disposition du corps de troupes commandé par le prince de Lorraine, que ces troupes seroient tournées s'il parvenoit à s'emparer d'un tertre qui couvroit leur aile gauche, il fit pour y parvenir des manœuvres si adroites et si compliquées, que les deux généraux ennemis se persuadèrent qu'il battoit en retraite, et n'y mirent aucune opposition. Dès qu'il se fut emparé du tertre, et qu'il y eut fait jouer de l'artillerie, la bataille fut gagnée.

[188]: Il venoit d'être nommé cardinal. Nous le verrons bientôt, ministre du roi, à Rome, y jouer un rôle tout aussi peu honorable que lorsqu'il étoit à Versailles à la suite de madame de Pompadour.

[189]: Ce plan d'invasion avoit été imaginé par le maréchal de Belle-Isle, alors ministre de la guerre. Deux corps d'armée avoient été rassemblés, l'un à Dunkerque, sous les ordres de Chevert, l'autre en Bretagne, commandé par le duc d'Aiguillon. Les deux escadres de Brest et de Toulon devoient se réunir et protéger le débarquement de ces troupes, sur plusieurs points de l'Irlande et de l'Angleterre.

[190]: Trois vaisseaux se sauvèrent dans le port de Lisbonne, deux furent pris et deux autres brûlés.

[191]: «Le maréchal de Conflans perd notre flotte, dit Duclos, celle des Anglois étant tout au plus égale à la nôtre; il brûle un vaisseau qui étoit une citadelle flottante; il ose s'en vanter comme d'un exploit. Quel est son châtiment? de n'être point présenté au roi, et d'aller journellement en public affronter les mépris qu'on ose lui marquer. Il se plaint des officiers qui servoient sous lui; ceux-ci récriminent, et tout se borne là. Les mesures sont partout aussi mal prises que mal exécutées. Les vaisseaux de transport sont séparés de la flotte, parce que le petit orgueil du duc d'Aiguillon ne lui permet pas d'être subordonné dans Brest. Voilà ce qui l'engage à mettre les vaisseaux de transport à Quiberon, pour y commander seul, au hasard de tous les périls de la jonction.» (Mém. secrets, t. 2, p. 391.)

[192]: Tous ces désastres de notre marine arrivèrent en 1758 et 1759. «Ce fut encore la présomption du duc d'Aiguillon, ajoute Duclos, qui fit perdre Belle-Isle. Les États de Bretagne, voyant l'importance de cette place, l'avertissent, un an d'avance, de pourvoir à sa sûreté, et offrent les approvisionnements nécessaires. Il répond, avec une vanité puérile et une ironie amère, à une députation qu'il doit respecter, qu'il est obligé aux États de vouloir bien lui apprendre son métier. Il en avoit pourtant besoin, puisqu'il a laissé prendre Belle-Isle, faute des précautions offertes.» (Mém. secrets, t. 2, p. 391.)

[193]: Il est vrai de dire cependant que cette alliance, devenue fameuse sous le nom de pacte de famille, est le seul acte qui honore le ministère de Choiseul. Telle étoit l'excellence de ce traité que, pendant près de quinze ans, il a contenu l'Angleterre, même après tant de victoires; et que, si la révolution françoise ne fût venue au secours de notre ennemie, il lui eût tôt ou tard arraché cet empire des mers, qui naturellement ne doit pas lui appartenir. Le plus bel éloge qu'on en puisse faire, c'est que le cabinet de Londres n'a pas de plus grande crainte que celle de le voir rétablir; et que cette crainte a été publiquement manifestée par ses ministres à l'occasion de la dernière guerre d'Espagne.