«Cette architecture, pleine de force et de grâce, dit M. Le Grand, n'est ni égyptienne, ni grecque, ni romaine; c'est de l'architecture françoise: elle est neuve, et l'artiste n'en a puisé le goût et les formes que dans son imagination.[378]»

RUES ET PLACES
DU QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

Rue Abbatiale ou de l'Abbaye. Elle aboutit d'un côté à la cour abbatiale, dont elle tiroit son nom, et de l'autre à la boucherie du Petit-Marché. Le cardinal de Furstenberg, abbé de Saint-Germain-des-Prés, aliéna, en 1699, plusieurs places de l'enclos abbatial, à la charge par les acquéreurs d'y faire bâtir des maisons. Elle formèrent trois rues, qu'on nomma Abbatiale, Cardinale et de Furstenberg.

Rue des Deux-Anges. Elle forme une équerre qui aboutit dans les rues Jacob et Saint-Benoît. On la connoissoit, dès le commencement du dix-septième siècle, sous ce nom qu'elle devoit à deux statues d'anges placées à ses deux extrémités.

Rue d'Anjou. Elle aboutit, d'une part à la rue Dauphine, de l'autre à celle de Nevers. On l'ouvrit, en 1607, ainsi que les rues Dauphine et Christine. Le nom qu'elle porte lui fut donné en l'honneur de Jean-Baptiste Gaston de France, duc d'Anjou, fils de Henri IV.

Rue des Petits-Augustins. Elle traverse du quai Malaquais à la rue du Colombier, et fut ouverte sur le petit Pré-aux-Clercs. Ce pré, qui comprenoit deux arpents et demi, avoit été donné, en 1368, à l'Université, à titre d'indemnité ou d'échange du terrain que les religieux de Saint-Germain s'étoient vus obligés de prendre, pour faire creuser des fossés autour de leur abbaye. Il étoit séparé du grand pré par un canal de quatorze toises de large qui aboutissoit à ces fossés; ce canal s'appeloit la Petite-Seine, et traversoit le terrain qui servit depuis de cloître aux Petits-Augustins. C'est par cette raison que le nom de Petite-Seine fut d'abord donné à la rue dont nous parlons, lorsqu'on commença à bâtir sur le petit pré, après avoir comblé le canal. Elle le portoit encore en 1640, quoique les Petits-Augustins, qui lui ont enfin donné le leur, y fussent déjà établis depuis vingt-sept ans.

Rue de Babylone. Elle commence à la rue du Bac, et aboutit aux nouveaux boulevards. Elle s'appeloit d'abord rue de la Fresnaie, ensuite petite rue de Grenelle ou de la Maladrerie, ce qui dura jusqu'en 1669[379]. On la trouve indiquée pour la première fois, en 1673, sous celui qu'elle porte aujourd'hui. Elle le doit à Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, lequel y possédoit plusieurs maisons et jardins, sur l'emplacement desquels fut construit le séminaire des Missions-Étrangères.

Grande rue du Bac. Elle aboutit, d'un côté, sur le quai des Théatins, vis-à-vis le Pont-Royal, de l'autre, à la rue de Sèvre. Ce nom lui vient d'un bac établi vis-à-vis, par lettres-patentes données en 1550[380]. Il subsista jusqu'en 1632, qu'un particulier nommé Barbier fit construire un pont de bois pour servir de communication du faubourg Saint-Germain aux Tuileries. Sur quelques-uns de nos plans cette rue est nommé du Barc.

Rue de Beaune. Elle aboutit au quai des Théatins et à la rue de l'Université. Sauval lui donne le nom de rue du Pont,[381] lequel est populaire, et ne se trouve que sur un plan de 1651. Auparavant et après, elle a toujours été nommée rue de Beaune.

Rue de Belle-Chasse. Elle aboutit au quai d'Orsai et à la rue Saint-Dominique. Ce nom est dû à un terrain situé en face de cette rue. Elle ne fut d'abord percée que pour communiquer du Pré-aux-Clercs à la rue Saint-Dominique, appelée alors le chemin aux Vaches. On l'a continuée depuis jusqu'au quai d'Orsai.