Rue Saint-Benoît. Elle commence au bout des rues Jacob et du Colombier, et aboutit au carrefour Saint-Benoît et à la grande rue Taranne. Cette rue n'étoit autrefois qu'un chemin qui longeoit le fossé de l'abbaye; lorsque ce fossé eut été comblé, et qu'on eut élevé des maisons sur le clos de ce monastère, on y conserva un petit fossé pour l'écoulement des eaux, ce qui lui fit donner le nom des Égouts et de l'Égout, qu'elle conserve encore dans la partie qui aboutit à la rue du Four. Ce canal fut voûté et couvert en 1640. La rue fut alors appelée des Fossés-Saint-Germain; mais lorsque, l'année suivante, l'hôtel de Bourbon eut été aliéné, et qu'on eut ouvert une porte de l'abbaye dans les nouveaux murs de clôture, le carrefour et la rue reçurent les noms de Saint-Benoît, parce que l'abbaye étoit sous la règle de ce saint.

Rue de Blomet, voyez [rue Plumet].

Rue de Bourbon. Elle aboutit à la rue des SS. Pères et à celle de Bourgogne. Cette rue fut percée, vers l'an 1640, sur le grand Pré-aux-Clercs, et ainsi nommée en l'honneur de Henri de Bourbon, alors abbé de Saint-Germain.

Rue de Bourbon-le-Château. Elle aboutit d'un côté à la rue de Buci, de l'autre à l'entrée de la rue Abbatiale. Son nom lui vient du cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Germain, qui construisit en 1586 le palais abbatial, que le cardinal de Furstenberg fit depuis réparer. Sur un plan de 1652, elle est nommée du Petit-Bourbon.

Rue de Bourgogne. Elle aboutit à la rue de Varennes et à la Grenouillère ou quai d'Orsai. Louis XIV ordonna, par arrêt de son conseil du 23 août 1707, que cette rue seroit ouverte et nommée rue de Bourgogne: elle fut alignée et commencée peu de temps après, discontinuée ensuite, enfin reprise en exécution des arrêts du conseil du 1er décembre 1713 et 15 mars 1717, et prolongée dans sa longueur actuelle, en vertu de lettres-patentes du 18 février 1720.

Rue des Brodeurs. Elle va, d'un bout à la rue de Sèvre et de l'autre à celle de Babylone. Il en est fait mention dans un bail à cens, fait en 1642, et qui se trouvoit dans le cartulaire de Saint-Germain[382]. En 1644 on la trouve sous le nom de rue du Lude, et sous les deux noms, dans un plan de 1676. Dans le titre cité ci-dessus, elle est appelée de Brodeval derrière les Incurables. Est-ce une faute de copiste ou une appellation populaire? c'est ce qu'on ne peut décider. Cette rue se bornoit d'abord à la rue Plumet; mais, en vertu des lettres-patentes citées dans l'article précédent, elle fut continuée jusqu'à la rue de Babylone[383].

Rue Cardinale. Elle donne d'un bout dans la rue de Furstenberg, et de l'autre dans la cour abbatiale. Nous avons déjà fait observer qu'elle devoit ce nom au cardinal de Furstenberg, qui aliéna, en 1699, plusieurs places vagues, dépendantes de son abbaye, à la charge d'y faire bâtir. Elle se nomme maintenant rue de Gunzbourg.

Rue de La Chaise. Elle traverse de la rue Grenelle dans celle de Sèvre. On l'appeloit anciennement Chemin ou petite rue de la Maladrerie. Les copistes en ont défiguré le nom en écrivant la Chèze, la Chaire, la Chaîne; quelques plans l'indiquent sous le nom de rue des Teigneux, à cause de l'hôpital qui y étoit situé.

Rue Childebert. Elle a été percée dans l'ancien enclos de l'abbaye Saint-Germain. Les embellissements faits au palais abbatial, et les rues ouvertes par le cardinal de Furstenberg, ayant fait naître aux religieux le projet de tirer parti d'un terrain inutile qui rendoit leur cour irrégulière, ils firent élever, du côté de la rue Sainte-Marguerite, plusieurs bâtiments contigus et uniformes, qu'ils firent continuer en retour parallèlement à la rue Saint-Benoît, jusqu'à cette entrée de leur monastère, laquelle donnoit alors sur cette rue; ce qui forma trois rues nouvelles, dont la principale fut appelée Childebert, du nom du fondateur de l'abbaye. La première pierre de ces édifices fut posée par le cardinal de Bissi, abbé de Saint-Germain, le 11 avril 1715[384].