Rue des Ciseaux. Elle traverse de la rue Sainte-Marguerite à la rue du Four. Ce nom vient d'un hôtel appelé des Ciseaux, dont il est fait mention dans les titres de Saint-Germain en 1453, et dans plusieurs actes postérieurs. Le procès-verbal de 1636 la nomme rue des Fossés-Saint-Germain.

Rue du Colombier. Elle commence à la rue de Seine, et finit au coin de celle des Petits-Augustins. Ce n'étoit anciennement qu'un chemin entre l'abbaye Saint-Germain et le Pré-aux-Clercs. Jaillot dit avoir vu quelques titres qui indiquoient une maison dite le Colombier, près les murs de l'abbaye[385]; et Sauval prétend que[386], suivant un registre du trésor des chartes, à l'année 1317 et suivantes, il est fait mention d'une maison et dépendances sises à Saint-Germain, au lieu nommé le Colombier; d'où l'on peut inférer que c'est de là que cette rue a tiré son nom. En 1585, on l'appeloit rue du Pré-aux-Clercs. Cette rue, ou plutôt ce chemin, étoit auparavant plus reculé du côté de la rivière, parce que Charles V ordonna de creuser des fossés autour de l'abbaye; mais comme par la suite ils furent jugés inutiles, les religieux les firent combler, excepté dans une longueur de cent toises, qu'ils réservèrent pour faire un vivier. C'est sur l'espace qu'avoit occupé ce vivier, et qui depuis fut aussi rempli, qu'en 1585 le bailli de Saint-Germain fit faire l'alignement d'un nouveau chemin. Il y eut d'abord à ses deux extrémités des portes qui se fermoient la nuit; et, le jour, les gens de pied pouvoient seuls y passer. On trouve depuis que les religieux permirent à des particuliers d'y bâtir; et peut-être furent-ils troublés dans la jouissance de ce terrain par les écoliers de l'Université; car, en 1641, le parlement rendit un arrêt pour que les bâtiments commencés fussent continués[387]. Ce sont les maisons que nous voyons dans cette rue et dans celle des Marais.

Rue Saint-Dominique. Elle commence au haut de la rue Taranne, et finissoit jadis à la barrière des Invalides; mais depuis elle fut prolongée jusqu'à l'extrémité du Gros-Caillou. Avant que les religieux de Saint-Dominique vinssent s'y établir, on l'appeloit Chemin des Vaches, parce qu'on les conduisoit par-là, au Pré-aux-Clercs et à la plaine de Grenelle. Dans un titre de 1542 elle porte ce nom et celui de la justice, parce qu'alors celle de Saint-Germain étoit située à son extrémité. Les Dominicains obtinrent, en 1643, du bailli de Saint-Germain, la permission de mettre, aux deux bouts de ce chemin, un marbre avec cette inscription, rue Saint-Dominique, jadis des Vaches.

Rue du Dragon, voyez [rue du Sépulcre].

Cour du Dragon. Elle est située à l'extrémité de la rue de l'Égout, presqu'en face de la rue Sainte-Marguerite, et donne de l'autre bout dans celle du Sépulcre. Au milieu du dix-septième siècle, il y avoit en cet endroit une Académie royale. Madame Crozat en ayant fait l'acquisition, y fit construire plusieurs maisons et ouvrir un passage de communication. On l'appela cour du Dragon, sans doute par allusion à celui que l'on voit sous les pieds de Sainte-Marguerite, et qu'on a sculpté au-dessus de la principale porte de cette cour; on la fermoit encore des deux côtés à la fin du siècle dernier.

Rue de Durnstein, voyez [rue de l'Échaudé].

Rue de l'Échaudé. Nous avons déjà eu occasion de remarquer qu'on appelle ainsi une île de maisons en forme triangulaire, qui donne sur trois rues; aussi celle-ci aboutit-elle aux rues de Bourbon-le-Château, du Colombier et de Seine. En 1541, elle n'étoit désignée que sous le nom de «ruelle qui va du guichet de l'abbaye à la rue de Seine,» et en 1549, «ruelle qui descend de l'abbaye à la rue de Seine[388].» Malgré cette désignation, il faut observer qu'elle ne passoit pas alors la rue du Colombier, et que la partie qui se prolonge au-delà n'a été continuée qu'en 1586. Ce fut sur une place triangulaire, de cinq toises de long sur trois toises un pied de large, donnée à cens, dans cette même année, par le cardinal de Bourbon à un particulier nommé Geoffroy Lambert[389], qu'on permit, en 1608 seulement, d'élever les maisons dont elle est formée. On ignore quand cette rue a commencé à porter le nom de l'Échaudé; mais elle est ainsi désignée sur le procès-verbal de 1636. La plupart des plans ne la distinguent pas du cul-de-sac du Guichet, dont elle fait la continuation. Ce cul-de-sac tiroit son nom du guichet de l'abbaye, qui étoit situé à son extrémité. La rue et le cul-de-sac portent aujourd'hui le nom de Durnstein.

Rue de l'Égout. Elle aboutit au carrefour Saint-Benoît et à la rue du Four. Ce nom est dû à un égout, lequel y passe encore. Elle fut anciennement nommée rue Forestier, ensuite de la Courtille, parce qu'elle conduisoit à la Courtille ou clos de l'abbaye Saint-Germain. Au quinzième siècle, on l'appeloit rue de Tarennes, et ce nom lui venait de ce qu'elle régnoit le long d'une grande maison dite l'hôtel de Tarennes: on lui donnoit encore cette dénomination en 1523[390]. On l'appeloit rue de l'Égout, dès le commencement du dix-septième siècle.

Rue d'Erfurt, voyez [Petite rue Sainte-Marguerite].