Rue de Fréjus, voyez [rue de Monsieur].

Rue de Furstenberg. On avoit donné ce nom au passage qui conduit de la rue du Colombier au palais abbatial. Nous avons déjà dit que cette rue fut ouverte en 1699. On la nomme maintenant rue de Wertingen.

Rue de Grenelle. Elle commence à la Croix-Rouge, et finit à l'extrémité du Gros-Caillou. À l'endroit où étoit situé le château de Grenelle, et sur l'emplacement qu'occupe l'hôtel de l'École militaire, étoit anciennement une garenne appartenant à l'abbaye Saint-Germain. Les titres latins la nomment Garanella; les traducteurs ont corrompu ce nom en écrivant Guernelles, Guarnelles, Guarnelle et Grenelle. Lorsqu'on eut relevé et redressé ce chemin, on l'appela simplement le chemin Neuf, le chemin de Garnelle, enfin rue de Grenelle.

Rue de Guénégaud. Elle aboutit au quai de Conti et à la rue Mazarine. Le duc de Nevers ayant fait bâtir un hôtel sur une partie du terrain qu'avoit occupé celui de Nesle, la princesse Marie de Gonzague de Clèves, sa veuve, obtint, en 1641, des lettres-patentes portant permission de vendre le terrain et les matériaux de cet hôtel à des particuliers, pour y bâtir des maisons et pour y percer des rues. Henri de Guénégaud, ministre et secrétaire d'état, fut un des acquéreurs: il fit construire l'hôtel qui portoit son nom, et qui le donna ensuite à la rue, pratiquée le long de son jardin. Au bout de cette rue est un égout: c'est en cet endroit que passoit autrefois le mur de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Rue Saint-Guillaume. Elle commence à la rue des Saints-Pères, et, retournant en équerre, aboutit à la rue Saint-Dominique, vis-à-vis celle des Rosiers. Cette situation lui a quelquefois fait donner, dans cette partie, le nom de rue Neuve des Rosiers: c'est ainsi qu'elle est indiquée dans le procès-verbal de 1636. Ce n'étoit autrefois qu'un petit chemin qui tournoit autour d'une butte, sur laquelle il y avoit en 1368 un moulin qui fut reconstruit en 1509: c'est pourquoi, sur un plan manuscrit, elle est nommée rue de la Butte.

Rue de Gunzbourg, voyez [rue Cardinale].

Rue Hillerin-Bertin. Elle traverse de la rue de Grenelle dans celle de Varennes. On n'a pas moins varié sur le nom de cette rue que sur la manière de l'écrire. Elle est successivement indiquée dans les plans, rue Villeran, des Bohêmes, Guilleri-Bertin, Hillorai, Hillorain-Bertin, Valeran Hillorain, de Saint-Sauveur, Villerin. Son véritable nom est celui qu'elle porte; elle le devoit au sieur d'Hillerin, qui possédoit en cet endroit plusieurs pièces de terre, dont il vendit une partie au roi pour l'emplacement des Invalides.

Rue Jacob. Elle commence au bout de la rue du Colombier, au coin de celle des Petits-Augustins, et finit à celle des Saints-Pères. Plusieurs plans ne la distinguent point de la rue du Colombier, dont elle fait la continuation. Cette rue doit le nom qu'elle porte à l'hôtel de Jacob, que la reine Marguerite avoit fait vœu de faire bâtir. Le terrain sur lequel on l'ouvrit, s'appeloit anciennement l'Oseraie; il contenoit, en 1344, trois arpents, et étoit contigu à celui que l'on nommoit la Saumonerie, lequel s'étendoit le long de la petite Seine.

Rue des Marais. Elle traverse de la rue de Seine dans celles des Petits-Augustins. L'espace qu'elle occupe, faisoit partie du petit Pré-aux-Clercs, que l'Université aliéna en 1540. Comme ce terrain étoit couvert de marais, c'est-à-dire de jardins fruitiers et potagers, on en donna le nom à la rue qu'on y ouvrit.