Rue Sainte-Marguerite. Elle commence au carrefour des rues de Buci, des Boucheries et du Four, et finit à la rue de l'Égout. On la bâtit sur l'ancien fossé que l'abbé Richard avoit fait faire, en 1368, autour de l'abbaye, et qui fut comblé en 1636, en vertu d'une transaction passée entre les religieux et Henri de Bourbon, leur abbé. Ce concordat est du premier juillet 1635, et fut homologué au parlement, le 26 février de l'année suivante.

Avant l'existence du fossé remplacé par cette rue, il y avoit, sur ce même emplacement, une ancienne rue, dont Sauval a fait mention, et qui se nommoit rue Madame la Valence[391]. On la désignoit ainsi en 1412, et elle conservoit encore ce nom en 1368, lorsqu'on la détruisit. Piganiol, qui n'a point compris ici le texte de Sauval, l'accuse mal à propos d'erreur et de contradiction[392].

Petite rue Sainte-Marguerite. On a donné ce nom à l'espace qui conduit de la porte de l'abbaye Saint-Germain, rue Sainte-Marguerite, à celle de l'église. Elle fut bâtie en 1715, partie sur le jardin de l'abbé, partie sur le terrain qu'il avoit cédé aux religieux. On la nomme aujourd'hui rue d'Erfurt.

Rue Sainte-Marie. Cette rue traverse de la rue de Bourbon dans celle de Verneuil. Elle doit, sans doute, son nom à la chapelle de la Vierge qu'on voyoit en cet endroit, au siècle dernier, et sur l'emplacement de laquelle elle fut ouverte, avant 1674.

Rue Sainte-Marthe. C'est une de celle qu'on ouvrit en 1715, lorsqu'on fit à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés les changements dont nous avons parlé. Celle-ci commence à la porte située dans la rue Saint-Benoît, et retournant en équerre, finit à la rue Childebert. Le nom qu'elle porte lui fut donné par reconnoissance, en l'honneur de D. Denis de Sainte-Marthe, alors général de la congrégation de Saint-Maur.

Rue Mazarine. Elle aboutit d'un côté au carrefour des rues Dauphine, Saint-André, des Fossés-Saint-Germain et de Buci; de l'autre, à la rue de Seine. Elle prit le nom qu'elle porte du collége Mazarin, lequel en occupe une partie: auparavant, on l'appeloit rue du Fossé ou des Fossés; c'est ainsi qu'elle est désignée, sur presque tous les plans du dix-septième siècle; cependant elle n'a pas été bâtie sur le fossé même de l'enceinte de Philippe-Auguste, mais sur le chemin qui le bordoit, et qu'on appeloit anciennement rue des Buttes. Ce nom lui venoit de plusieurs élévations, formées en cet endroit par les débris de deux tuileries voisines. On les aplanit ensuite, et l'on en fit un lieu d'exercice pour ceux qui apprenoient à tirer de l'arc. Le retour d'équerre que forme cette rue pour aboutir à la rue de Seine, est indiqué sous le nom de Traversine dans un terrier de 1540; et dans le procès-verbal de 1636, il est nommé rue de Nesle et petite rue de Nesle, parce qu'il conduisoit directement à la porte et à l'hôtel de ce nom.

Rue de Monsieur. Cette rue, ouverte depuis 1780, donne, d'un bout, rue de Babylone, de l'autre, rue Plumet. On la nomme aujourd'hui rue de Fréjus.

Rue de Nevers. Elle commence au quai de Conti, et aboutit à la rue d'Anjou. Ce n'étoit au treizième siècle qu'une ruelle qui servoit de passage aux eaux et aux immondices de la maison des frères Sachets, et du jardin du collége Saint-Denis. Dans un acte de 1571,[393] elle est simplement indiquée «ruelle par laquelle on entre et sort du quai et jardin de l'hôtel St.-Denis.» On la fermoit à ses deux extrémités, circonstance qui l'avoit fait nommer rue des Deux Portes. Dans le procès-verbal de 1636, on lui a donné le nom de Nevers, parce qu'elle régnoit le long des murs de l'hôtel qui portoit ce nom.