Rue d'Olivet. Elle aboutit à la rue de Traverse et à celle des Brodeurs. Plusieurs plans l'indiquent petite rue de Traverse. Le territoire dit d'Olivet, sur lequel elle est située, lui en a fait donner le nom.

Rue Saint-Père, vulgairement dite des Saints-Pères. Elle commence au quai Malaquais et finit à la rue de Grenelle. Son véritable nom est rue Saint-Pierre, qu'elle avoit pris, parce que la chapelle Saint-Pierre y étoit située: le peuple altéra ce nom en l'appelant Saint-Père, et par une seconde altération, des Saints-Pères. On voit, par les titres de Saint-Germain, qu'elle portoit, ainsi que la rue Saint-Dominique, et par la même raison, le nom de Chemin et de rue aux Vaches. Dans plusieurs titres de la même abbaye, elle est nommée, avant le milieu du seizième siècle, rue de la Maladrerie, de l'Hôpital de la Charité, de l'Hôtel-Dieu appelé la Charité, alias la Satinat. Ce nom ne venoit pas de l'hôpital de la Charité que nous y voyons aujourd'hui, parce qu'il n'y étoit pas encore établi, qu'il n'étoit pas même institué; mais d'un hôtel-Dieu qu'on avoit commencé à construire sur le bord de la rivière, presque vis-à-vis cette rue. Il est marqué sur le plan de Saint-Victor, publié par d'Heuland. Le procès-verbal de 1636 désigne cette rue, sous la dénomination vague de «rue des Jacobins réformés, allant de la Charité au Pré-au-Clercs;» mais on la voit sous le nom de Saint-Père dès 1643, sur le plan de Boisseau. En 1652, le plan de Gomboust lui donne déjà celui des Saints-Pères.

Rue de la Planche. Elle donne d'un bout dans la rue du Bac, de l'autre dans celle de la Chaise; sur les plans du dix-septième siècle, elle n'est point distinguée de la rue de Varennes dont elle fait la continuation. Son nom actuel lui vient du sieur Raphaël de La Planche, trésorier général des bâtiments de Henri IV, à qui ce prince avoit donné des lettres de privilége pour l'établissement d'une manufacture de tapisseries de haute-lice. Comme cette manufacture étoit située, en 1640, dans la rue de la Chaise, au coin de celle de Varennes, on donna le nom de la Planche à la partie de cette dernière rue qu'occupoient ses ateliers: elle l'a toujours conservé depuis.

Rue Plumet. Elle commence à la rue des Brodeurs et aboutit aux nouveaux boulevarts. Sur les plans de la Caille et autres, elle est déjà nommée Plumet; et ce nom, répété dans des actes authentiques, est écrit encore aujourd'hui à ses deux extrémités; mais Jaillot prétend que le véritable nom est Blomet, et qu'elle est indiquée ainsi dans tous les titres de l'abbaye.

Rue de Poitiers. Elle aboutit au quai d'Orsai ou à la Grenouillère, et à la rue de l'Université. Elle ne fut ouverte qu'à la fin du dix-septième siècle; et on la trouve sous le nom de Potier dans tous les plans de ce temps-là.

Rue des Rosiers. Elle traverse de la rue Saint-Dominique à celle de Grenelle. Il paroît qu'elle fut ouverte au commencement du dix-septième siècle. On la nommoit alors rue Neuve des Rosiers. Il est probable qu'elle fut percée sur un terrain où les roses étoient abondantes, ce qui lui en aura fait donner le nom. Elle a pris le nom de la rue St.-Guillaume, dont elle est la continuation.

Rue Rousselet. Elle donne, d'un bout dans la rue Blomet ou Plumet, de l'autre, dans celle de Sèvre. Ce n'étoit en 1672 qu'un simple chemin de traverse qu'on nommoit alors rue des Vachers ou des Vaches. Elle porte encore ce dernier nom, en 1714, sur divers plans. Cette rue doit sa dénomination actuelle à un particulier nommé Rousselet, qui y fit bâtir des maisons.

Rue du Sabot. Elle aboutit à la rue du Four, et à la petite rue Taranne. Dès le quinzième siècle, il y avoit dans le carré qu'elle forme avec la rue de l'Égout un clos appelé le clos Copieuse et depuis l'Hermitage. Ce nom de Copieuse venoit des propriétaires de ce clos, ainsi nommés, et plusieurs fois mentionnés dans les titres de Saint-Germain. Ils l'avoient fait donner également au chemin qui régnoit le long de leur domaine. Dans le terrier de l'abbaye de 1523 on lit: «Maison rue du Four, faisant le coin de la rue Copieuse, où pend le sabot.» C'est de cette enseigne que lui vient le nom qu'elle porte aujourd'hui.

Rue de Seine. Elle va de la rue de Buci au quai Malaquais. Ce n'étoit autrefois qu'un chemin qui descendoit du bourg Saint-Germain à la rivière, dont cette rue a pris le nom. Après la clôture de Philippe-Auguste, on la nomma comme auparavant: «Chemin du Pré-aux-Clercs, chemin tendant de la porte de Buci au Pré-aux-Clercs, chemin de la porte de Buci à la Seine, rue qui tend du pilori au «Pré-aux-Clercs; enfin rue de Seine.» Elle fut percée en 1545, d'après deux arrêts rendus à ce sujet, à la réquisition du cardinal de Bourbon, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés.