... Les jours de migraine,—ou de caprices, pires encore.—Mais étaient-ce les yeux de Joséphine qu’Aloys eût fait peindre sur sa bonbonnière, ou son front bombé, ou sa lèvre incessamment mordue par une dent taquine, ou quelque chose de plus voluptueux encore?—L’autre jour, j’ai été foudroyé, madame, par le pli en losange d’une robe de satin.
LXXV
Je ne sais pas ce que cette maudite robe recouvrait.—Quand j’aurais pu le savoir, je ne l’aurais pas voulu... mais ce pli, froncé par le diable lui-même!... Cette robe était de la couleur tendre et sérieuse qu’on appelle manteau de La Vallière, et, soit la superstition de ce nom d’un charme si doux de mélancolie, soit une impression plus brûlante, je m’arrêtai devant celle qui portait avec une mollesse si traînante les couleurs de la carmélite, et je vis ce que je ne dois pas me rappeler.
LXXVI
Revenons plutôt à notre histoire, madame. Si c’était vous, je rêve de vous encore; mais vous, vous m’avez oublié;—il vaut donc mieux revenir à Aloys. Aloys s’était juré à lui-même de ne jamais parler de son amour à Joséphine, et c’était un garçon bien assez maître de ses nerfs pour se tenir la parole qu’il s’était donnée comme s’il avait été un autre que lui. Je suis persuadé que vous ne vous souciez guère d’Aloys, madame? On ne sait jamais où l’on en est avec des hommes pareils, et les femmes, ces naïves personnes, aiment immensément l’abandon... dans les autres.
LXXVII
«Du moins,—se disait mon héros,—je ne serai point trompé par elle. Elle ne jouera pas avec mon cœur, la gracieuse chatte, comme avec un peloton de fil! Et si un jour elle en trompe un autre, elle ne montrera pas mes lettres, mes cheveux ou la tristesse de mon front, comme un trophée d’armes. Je veux briser comme du verre sa vanité sous mon orgueil.»