— Eh bien! quest-ce quil y a? demanda loncle John.
— Une ferme là-bas! répliqua le Sioux.
Effectivement, par dessus les cimes des arbres se montrait un grand toit allongé dont laspect fut dagréable augure pour les voyageurs. La soirée savançait, la fatigue de la journée avait été accablante; cétait une perspective attrayante que de pouvoir se reposer une heure ou deux sous un toit hospitalier.
Ce settlement avait une apparence confortable; les bâtiments, de construction moderne, entourés de vastes dépendances, étaient construits près dun cours deau considérable.
Néanmoins, malgré cet extérieur satisfaisant, Will surprit dans le regard de Jim une expression particulière empreinte dune certaine inquiétude. Il semblait trouver que tout ny était pas pour le mieux.
Lorsquon fut arrivé à une centaine de pas, après avoir bien examiné les lieux, il demanda quon fît halte.
Comme chacun linterrogeait des yeux, il répondit :
— Où sont les gens?
En effet, partout, en ce lieu, régnaient un silence, une immobilité, une absence de vie, qui navaient rien de naturel. La porte dentrée était grande ouverte, semblable à une vaste plaie béante; personne nentrait ni ne sortait; on nentendait pas un souffle à lintérieur, pas de mugissements de bestiaux, rien…
— Cest drôle, tout çà! fit loncle John après avoir promené en tous sens ses yeux inquisiteurs: les fermiers se seraient-ils tous endormis après souper?…