— Les Indiens sont passés par là, dit le Sioux en secouant la tête; voyons donc, ajouta-t-il en sautant à terre et en courant vers la maison.

Will et Halleck le suivirent de près; un spectacle horrible les attendait à lintérieur.

Au milieu de la première pièce gisait, sanglant et froid, le cadavre dun homme dun certain âge, le père de famille, sans doute. Plus loin était étendu celui dune femme, littéralement haché de blessures affreuses. Entre ses bras crispés était serré un petit enfant raide et glacé; derrière, dans les cendres du foyer, apparaissaient des débris humains quon pouvait reconnaître comme étant ceux dun enfant.

Les Indiens avaient laissé là lempreinte sanglante de leur passage. Il avait dû y avoir une terrible lutte: tous les meubles étaient bouleversés, brisés, maculés de sang. Le père avait vendu chèrement sa vie et celles de sa famille; dans ses mains raidies étaient serrées des poignées de cheveux noirs et brillants, arrachés aux têtes de ses sauvages adversaires. Mais dans cette lutte épouvantable, le nombre des assaillants lavait emporté, le settler avait été écrasé avec tous les siens.

— Comment se fait-il quils nont pas brûlé la maison? demanda lartiste qui, le premier, avait repris son incroyable sang-froid et dessinait à la hâte toutes ces scènes effrayantes.

— Trop pressés, nont pas eu le temps, avaient peur des soldats, répondit laconiquement le Sioux.

— Est-ce quil y a des troupes dans la voisinage? demanda, avec empressement le jeune Brainerd.

— Je ne sais pas, peux pas dire, cest possible.

— En tout cas, voilà une triste affaire, reprit Halleck, et suivant moi, si ces vagabonds…..

Une fusillade soudaine linterrompit brusquement. Jim bondit, rapide comme léclair; les deux jeunes gens le suivirent.