Ils aperçurent le chariot entouré dun groupe dIndiens. Les deux chevaux avaient été tués raides. Loncle John luttait comme un lion. Maria, Maggie, mistress Brainerd étaient aux mains des Sauvages qui les tiraient brutalement sur leurs chevaux.

Loncle John, debout sur lavant du chariot, faisait tourbillonner avec une force irrésistible, une barre de chêne arrachée au siège de la voiture; plus dune tête Indienne fut brisée par ce terrible moulinet. Mais un coup de tomahawk latteignit traîtreusement par derrière; il tomba en jetant un grand cri; au même instant, son meurtrier eut le crâne troué par une balle que lançait linfaillible carabine de Jim.

En voyant tomber le vieux Brainerd, les Indiens firent un mouvement pour se jeter sur lui et lachever par terre; mais le coup de feu tiré par Jim leur donna à réfléchir, ils reculèrent de quelque pas et regardèrent de tous côtés afin de découvrir ces adversaires imprévus.

Les deux jeunes gens voulurent sélancer au secours de leur famille; le Sioux, sombre et les sourcils froncés, leur barra rudement le passage.

— Ici! restez! grands fous! Eux vous tuer, vous scalper, comme rien!

— Allons donc! répliqua Will; resterons-nous là, à voir massacrer nos amis?

— Restez! mauvais sortir de la maison, feu par les fenêtres!

Joignant lexemple aux paroles, lIndien arma sa carabine, visa un Sauvage prêt à poignarder loncle John, et labattit. Les jeunes gens limitèrent, et mettant le fusil à lépaule, épièrent le moment favorable pour faire feu.

Les Sauvages ne sattendaient nullement à ce quil y eût des êtres vivants dans la ferme, ils laissèrent les femmes aux mains de ceux qui les avaient saisies, et savancèrent avec précaution contre les bâtiments.

Les trois Indiens, chargés des captives, prirent leur course dans la direction du nord-est.