— Vite, là-dedans! dit-il à sa cousine; cachez-vous vite! Les voilà, ces damnés coquins!
— Et vous? quallez-vous faire? lui demanda-t-elle en le voyant rester dehors.
— Je vais chercher une autre cachette, répondit-il; il ne faut pas nous cacher tous deux dans en même terrier, nous serions découverts en trois minutes. Cachez-vous bien, restez immobile, et ne bougez dici que lorsque je viendrai vous chercher.
Halleck tourna lestement sur ses talons, enfonça son chapeau sur ses yeux, et, ainsi quil le raconta lui-même plus tard, «se mit à courir comme jamais homme ne lavait fait jusqualors». Une longue et constante pratique des exercices gymnastiques lavait rendu nerveux et agile à la course.
Mais ses muscles nétaient point encore au niveau de ceux de ses ennemis rouges, car à peine avait-il fait cent pas, quun Indien énorme, le tomahawk levé, était sur ses talons; avec un hurlement féroce, il se lança sur Halleck.
— Inutile de discuter avec toi, mon coquin! pensa lartiste.
Sur-le-champ, il prit son revolver au poing et le dirigea sur son adversaire. Du premier coup il lui envoya une balle dans lépaule: il lâcha successivement quatre autres coups, mais sans latteindre; les deux derniers ratèrent.
Soudainement la pensée vint à Halleck, quil navait plus quune charge disponible, et il suspendit son feu pour ne plus tirer quà coup sûr.
Lentrée en scène du revolver avait eu pourtant un résultat; lIndien sétait arrêté à quelques pas; mais aussitôt quil sétait aperçu que larme avait raté, il lança furieusement son tomahawk à la tête de lartiste. Si ce dernier neût trébuche fort à propos sur une pierre, évidemment le projectile meurtrier lui aurait fendu le crâne. Se relevant de toute sa hauteur, Halleck brandit son pistolet et lenvoya dans la figure bronzée de lIndien avec tant de force et de précision, quil lui cassa une douzaine de dents et lui déchira les lèvres.
LIndien bondit en poussant un rugissement de bête fauve; mais il fut reçu par un foudroyant coup de pied dans les côtes qui lenvoya rouler sur les cailloux.