— Avez-vous fait quelque autre découverte particulièrement alarmante? demanda lartiste à son cousin.

— Non, pas pour le moment; et vous?

— Peut-être oui, suivant votre manière de voir. Apercevez-vous ce gros tronc darbre, là-bas, droit devant vous?

— Oui.

— Eh bien je me trompe grandement, ou bien il y a deux Indiens cachés derrière. Je nen suis pas absolument sûr, mais je tiendrais un pari sil le fallait.

Brainerd jeta un coup doeil dans la direction indiquée;

— Halleck! murmura-t-il à voix basse après un court examen; au nom du ciel! quittons ce poste où nous sommes si fort en vue! voulez-vous donc vous faire fusiller comme une cible?

En même temps il lui saisit le bras et lentraîna par la lucarne. Au bout de quelques instants Halleck voulut y reparaître pour examiner létat des choses.

— Gardez-vous en bien! murmura Brainerd, ils reconnaîtraient immédiatement que nous sommes en méfiance. Descendons au second étage; là nous pourrons sans inconvénient les surveiller à notre aise.

Les deux jeunes gens, munis chacun dune carabine, descendirent avec précaution, et traversèrent doucement une grande chambre fermée. Halleck, moins familiarisé avec les lieux que son cousin, se heurtait aux chaises, renversait les meubles et faisait un tapage exécrable, en punition duquel Brainerd aurait souhaité de bon coeur quil se rompît le cou.