— De pauvres Indiens, qui veulent entrer, fatigués; ils sassoiront un peu pour se reposer.

— Voulez-vous rester ici toute la nuit?

— Non! ils sen iront bientôt, ne resteront pas longtemps, fatigués; ils veulent sasseoir un peu pour se reposer.

— Eh! bien, reposez-vous tranquillement par terre, et voyez un peu ce qui en résultera; si ça, ne vous va pas, cherchez ailleurs.

Un profond silence accueillit cette réponse. Puis, tout à coup, la porte reçut une telle bordée de coups quelle en trembla sur ses gonds.

À ce moment lartiste fut davis quil fallait «aviser.» Sans avoir de projet arrêté, il sélança lestement par lissue dérobée quavait prise Brainerd, referma soigneusement la porte de façon à ne laisser aucun indice qui pût trahir son mode dévasion.

Tout cela fut fait en un instant et avec une promptitude qui lui sauva la vie; car, à la minute même où il gagnait le large, la grande porte était enfoncée et les Sioux entraient en forcenés dans la maison.

Bien en prit à Halleck davoir refermé lissue secrète, car, au bout de quelques secondes, les Sauvages auraient été sur ses talons. Mais, napercevant rien au rez-de-chaussée, ils supposèrent que leur invisible interlocuteur avait gagné les étages supérieurs, et sélancèrent à sa poursuite dans les escaliers.

Dabord, Halleck sarrêta dans le jardin pour observer les environs et prêta loreille, cherchant surtout à retrouver son cousin. Au bout de quelques instants, napercevant et nentendant rien, il se mit à marcher tout doucement, la carabine en main, le fameux album sous son bras, et un cigare non allumé aux lèvres.

La seule mésaventure qui lui arriva, fut de rencontrer à hauteur de visage une corde de lessive qui, suivant son expression, «faillit lui scier le cou».