Une fois en bonne direction, le petit convoi sarrêta pendant quelques minutes, pour laisser au Sioux le temps dexaminer les alentours afin de se convaincre quil ny avait pas dennemis.

Enfin on se mit en marche dans la direction de Saint-Paul.

CHAPITRE XI PÉRIPÉTIES.

Comme il importait de ménager les chevaux dont la marche devait se prolonger jusquà une heure avancée de la soirée, on régla leur course à une allure modérée.

Jim avait pris place sur le siège de devant à côté de loncle John qui tenait les rênes avec la calme habileté dun vétéran du sport. Chose bizarre! lIndien, malgré les cahots de la voiture, se tenait debout sans chanceler, et, de ses yeux noirs toujours en mouvement, fouillait au loin les environs.

Halleck avait pris place sur le second rang, avec Maggie; depuis leur réunion il avait manifesté une préférence marquée pour la société de sa douce et sympathique cousine. Celle-ci paraissait encore plus grave et plus pensive que de coutume; les dangers que sa famille traversait, les horreurs de cette guerre sauvage, les regrets du passé, les craintes de lavenir avaient imprimé à cette âme impressionnable une teinte ineffaçable de tristesse mélancolique.

Du reste, tous les visages étaient mornes et préoccupés; si, par intervalles, une joyeuse saillie de loncle John, un éclat de rire argentin de Maria rompaient le lourd silence, cétaient comme des éclairs passant et séteignant aussitôt dans un ciel sombre.

Pendant que Maria et Will babillaient de leur côté, Halleck poursuivait la conversation avec Maggie.

— Quelle est maintenant votre opinion sur les Indiens du Minnesota en général? demanda la jeune fille en tournant vers lartiste ses doux yeux noirs.

— Je pense à tout hasard, quil y a parmi eux un étrange ramassis de vauriens, de vagabonds, de bandits!…