La tombe en pleine terre, sans enveloppe protectrice du cadavre, est peu commune dans nos pays. Cependant on la rencontre dans le département de la Marne, entre autres, à Dormans: les corps accroupis ou repliés étaient placés dans de petites fosses orientées du nord au sud.
Fig. 142.—Tombes des nécropoles de l'Arménie russe: Industrie du fer.
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Ce mode de sépulture, le plus simple de tous, était en usage dans la vallée du Nil, au temps où florissaient les industries néolithique et énéolithique (fig. 141)[186]. Souvent alors on trouve le squelette enfermé, cousu dans une peau d'antilope ou de gazelle, et l'apparition du cuivre ne modifia pas cet usage. Dans les couches les plus profondes du tell de Suse, les tombes présentent les mêmes caractères généraux.
En Allemagne, ce mode d'inhumation est plus fréquent que dans la Gaule.
Nous avons vu qu'aux temps quaternaires le mort était fréquemment enseveli dans les cavernes, auprès de son foyer. Aux temps néolithiques, ces grottes, alors inhabitées pour la plupart, furent choisies pour déposer les cadavres; telle celle de l'homme mort, dans la Lozère, où se trouvait un vaste ossuaire. Fréquemment une muraille de pierres sèches, fermant l'entrée de la caverne, abritait les corps contre les carnassiers.
| Fig. 143.—Crypte de Croizard. Vallée de Petit Morin (d'après le baron de Baye). [(agrandir)] | Fig. 144.—Crypte de Courgeonnet. Vallée de Petit Morin (d'après le baron de Baye). [(agrandir)] |
Mais comme il n'existait pas de grottes naturelles dans tous les pays, l'homme creusa dans le sol des abris artificiels. C'est dans le département de la Marne qu'on peut le mieux étudier cette forme de tombes. La vallée du Petit Morin en renferme un grand nombre[187]. Ce sont de véritables hypogées, creusés dans la craie, très régulièrement, composés d'une ou de deux chambres jadis fermées au moyen de dalles ou de madriers. Une tranchée pratiquée dans les éboulis et les alluvions avait permis d'atteindre les affleurements de la craie. Les squelettes étaient nombreux, régulièrement rangés les uns par-dessus les autres, en deux groupes laissant entre eux une sorte d'allée[188].