Un très ancien cylindre-cachet, découvert à Suse (fig. 171), offre un texte nettement hiéroglyphique, et les tablettes d'argile portant les textes les plus archaïques de ce pays montrent souvent l'empreinte de cylindres également hiéroglyphiques (fig. 172).
Fig 170.—Figures tracées
sur une des dalles de la
chambre du tumulus du
Marie-Lud à Locmariaker
(Morbihan).
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Quant à l'écriture elle-même qu'on voit sur ces nombreuses tablettes, écriture proto-élamite (fig 173), elle représente la transition entre les caractères hiéroglyphiques soit figuratifs, soit idéographiques, et les signes purement conventionnels. Cette écriture était d'usage non seulement sur argile, mais aussi sur pierre (fig. 173) et, dans les deux cas, conservait le même aspect.
| Fig. 171.—Développement d'un cylindre hiéroglyphique trouve a Suse (Mém. délég. en Perse, tome II, 1900, p. 129). [(agrandir)] | Fig. 172.—Empreinte d'un cylindre portant une inscription hiéroglyphique sur une tablette proto-élamite (Id., t. X). [(agrandir)] |
Dans les pays chaldéo-élamites, l'argile molle était le support courant des textes; or l'argile ne se prête pas au dessin des formes courbes; il en est résulté que l'écrivain, en dehors des cercles ou des ellipses qu'il obtenait par poinçonnage, en était réduit, quand il n'employait que la pointe triangulaire de son stylet, à transformer le plus souvent les parties courbes en polygones plus ou moins réguliers.
| Fig. 173.—Inscription proto-élamite sur une tablette d'argile (Mém. délégation en Perse, tome VI, pl XXI). [(agrandir)] | Fig. 174.—Inscription lapidaire en caractères proto-élamites du patési de Suse Karibou-Cha-Chouchinak (Mém. délég. en Perse, t. VI, pl. 11), XXVIIe siècle av. J.-C. [(agrandir)] |
Malgré les difficultés matérielles qu'il avait à vaincre, l'écrivain des premiers temps conservait encore à ses signes, dans bien des cas la forme générale des motifs qu'il voulait figurer, tout en la traduisant par un groupe de clous irréguliers. Nous donnons (fig. 174) les fac-similés de quelques-uns de ces signes, de ceux pour lesquels il est le plus aisé de reconnaître la forme originelle; puis (fig. 175, nos 49 à 61) l'équivalent cunéiforme de basse époque de quelques-uns de ces groupes. En examinant ce tableau, le lecteur se rendra, bien mieux que par une description détaillée, compte de l'évolution qui s'est opérée en Élam. Il y a lieu de remarquer que ces hiéroglyphes sur argile ne peuvent être que la copie de figures plus complètes, et assurément étrangères à l'Élam, car ce n'est pas en s'essayant sur l'argile que les scribes eussent été à même de concevoir ces représentations.