[50] Physiologie de l'Amour moderne, p. 541.
«L'hérédité apparaît aussi comme un puissant modificateur de cet instinct (sexuel). Entre la fille d'un père chaste et celle d'un père qui a vécu, entre le fils d'une honnête femme et le fils d'une femme galante, il y a la même différence qu'entre les enfants d'un goutteux et ceux d'un phtisique»[51].
[51] Physiologie de l'Amour moderne, p. 359.
Et le philosophe Victor Ferrand le proclame: «qu'il y ait un atavisme moral, comme il y a un atavisme physique, une hérédité en retour des idées et des sentiments de nos aïeux, c'est un fait indiscutable»[52], à l'appui duquel je pourrais encore citer ce fils de voleur qui révèle son vrai père en allant, la nuit, dérober des bonbons à l'arbre de Noël du lendemain[53].
[52] L'Etape, p. 25.
[53] Le vrai Père (décembre 1894).
Le plus souvent l'hérédité n'est pas aussi dissociée et porte à la fois sur le physique et sur le moral. L'exemple le plus fouillé est certainement celui des Monneron.
Joseph Monneron, l'universitaire, «déclassé par en haut, grâce aux concours», est fils d'un cultivateur de Quintenas; sa femme a une mère indolente et un père équivoque, «rentier interlope de Nice, mi-courtier, mi-contrebandier». De là dérivent: l'hypocrisie et la vulgarité d'Antoine, l'ignoble tenue et la flétrissure précoce de Gaspard, l'incertitude et la morbidité de Jean, la sensibilité déréglée de Julie[54].
[54] L'Etape, p. 9, 63, 117, 215, 303.