Ainsi les hérédités se superposent et, formant un tout complexe, aboutissent à des produits divers, d'apparence contradictoire. Dans le Fantôme, l'hérédité paysanne tourne en rudesse chez Albert Duvernay et en bonhomie chez sa sœur.

De même, «l'atavisme de la servitude a ces deux effets qui ne sont contradictoires qu'en apparence: il produit des capacités insondables de sacrifice ou de perfidie. L'une et l'autre de ces dispositions morales se trouvaient incarnées dans le frère et dans la sœur. Ils s'étaient, comme il arrive quelquefois, distribué le double caractère de leur race: l'un en avait hérité toute la vertu d'immolation, l'autre toute la puissance d'hypocrisie»[55].

[55] Cosmopolis (mai-octobre 1892), p. 418.


Et, dans cette hérédité, pèsent naturellement les erreurs et les vices des ancêtres. Comme dit la Bible, «les fils seront punis pour les péchés des pères»[56].

[56] Cosmopolis, p. 572.

On comprend maintenant que le Disciple commence sa confession à son Maître, après son crime, par une longue analyse de ses hérédités[57], et que Paul Bourget conclue de toutes ses études: «On n'échappe pas à ses hérédités. On les subit, quoiqu'on en ait, par toutes les fibres dont on est tissé»[58].

[57] Le Disciple (septembre 1888-mai 1889), p. 65.

[58] L'Etape, p. 297.