Perron Dumenil, fils d'un avocat d'affaires et d'origine plébéienne, manœuvre «de manière qu'il a vécu et qu'il est mort membre du Jockey! Il est vrai qu'il datait d'une des élections du siège» et «avait traversé les lignes prussiennes pour venir poser sa candidature dans le seul ballottage où il eût quelque chance d'être élu»[82].

[82] Le Cob rouan (mars 1903), p. 206.

C'est l'élément individuel qui fait d'Hubert Liauran un jeune homme «comme les autres», malgré l'éducation exceptionnelle que lui ont donnée sa mère et sa grand'mère, deux saintes[83].

[83] Cruelle Enigme, p. 127.

C'est la lutte de l'élément individuel contre les autres facteurs qui produit les nombreuses contradictions présentées par Rumesnil, à la fois «gentilhomme, chatouilleux sur le point d'honneur comme un raffiné de l'ancien régime», «idéaliste humanitaire» qui préside l'Union Tolstoï, fondation socialiste, pense, comme un duc anticlérical ou un marquis voltairien, «contre son milieu» et, en même temps, séduit Julie et organise tout pour la rendre criminelle. C'est encore la lutte de cet élément individuel qui donne à Joseph Monneron «cette infaillible logique dans le faux» qui, avec l'instruction complète d'un éducateur national, lui fait si mal réussir l'éducation de sa propre famille[84].

[84] L'Etape, p. 129, 167 et 269.


En affirmant ainsi l'élément individuel, c'est-à-dire l'existence personnelle du moi chez chacun, Paul Bourget se sépare complètement de Taine, pour qui, au contraire, les «génératrices» ont une influence absolue, nécessaire et fatale. Quand il étudie «la personnalité d'un écrivain ou d'un général», celui-ci ne procède «pas autrement qu'un chimiste placé devant un gaz ou qu'un physiologiste en train d'examiner un organisme»[85]. Pour Paul Bourget, tout cela n'est pas identique: dans l'organisme vivant il y a quelque chose de plus que dans le gaz: il y a une unité, un individu qui s'affirme encore bien mieux dans sa personnalité complète quand il s'agit de l'homme[86].

[85] Essais de Psychologie contemporaine; M. Taine, p. 171.

[86] Paul Bourget n'admet pas, avec Stendhal, que «le tempérament et le milieu font tout l'homme». Essais de Psychologie contemporaine: Stendhal, p. 215.