De même, Ferrand proclame la nécessité de se soumettre à ces deux lois «vérifiées depuis l'origine des âges»: «l'inégalité et la douleur». On ne doit pas plus chanter:
Du passé faisons table rase
que:
Le monde va changer de base.
Car les lois biologiques de l'inégalité et de la douleur restent toujours pour former cette base et il est impossible même au «Demos Moloch» d'en faire table rase. L'arbre tout entier ne peut pas devenir fleur; les racines, le tronc et les branches ne peuvent pas cesser leurs fonctions respectives. «La science démontre que les deux lois de la vie, d'un bout à l'autre de l'univers, sont la continuité et la sélection…»[97].
[97] L'Etape, passim.
J'arrête ces citations et je vous demande pardon de l'austérité de ces derniers développements. Mais il m'a paru impossible de ne pas montrer combien biologique est la base des grandes lois de l'inégalité et de la douleur qui se retrouvent partout dans les Romans de Paul Bourget et combien évidente apparaît, dans ces Romans, la nécessité de compléter, chez l'homme, les lois de la Biologie par les lois d'une morale distincte et séparée.
11. Pour passer à un sujet moins austère, au moins en apparence, je vais étudier la part de l'idée biologique dans la manière dont Paul Bourget envisage et étudie l'amour, ce sentiment qu'il excelle à analyser de mille manières charmantes.
Ne vous effarouchez pas, Mesdames, de me voir aborder ce chapitre.