Je ne parle pas bien entendu des amours divers, paternel, filial, patriotique…, qui font si bon ménage ensemble; je parle de l'amour tout court, le «grand amour» comme dit Elie Laurence[102].

[102] Deuxième Amour, p. 229.

Cet amour là, on le comprend s'appliquant à plusieurs objets successivement. Ce n'est pas encore là la question.

Mais comment l'âme, une et indivisible, peut-elle se donner toute entière à deux personnes à la fois? Cruelle énigme! Problème psychologique, grave entre tous, qui me paraît insoluble en dehors de l'explication biologique.


D'abord le fait est matériellement établi dans une série de Romans de Paul Bourget.

Les exemples masculins sont peu gracieux et moins démonstratifs, à cause de «l'irréductible différence qui sépare le point de vue masculin et celui de la femme, pour ce qui touche aux choses de l'amour»[103].

[103] Sauvetage, p. 289.

Je vous citerai cependant Bertrand d'Aydie qui superpose à son amour pour Madame de Sarliève un autre amour pour l'Amie écran Madame de Lautrec[104].

[104] L'Ecran (août 1897).