La Reine et sa mère, la duchesse de Kent.

clé qu’elle mit dans sa poche et sortit de la salle, laissant sa maîtresse ébahie.

Cette boutade fut d’ailleurs de courte durée et un quart d’heure plus tard, ayant réfléchi, elle revint d’elle-même se mettre au piano, embrassa sa maîtresse et étudia avec le plus grand calme et la plus entière application.

De temps à autre, on menait la princesse au cirque ou à un ballet; mais la duchesse évitait de rompre la régularité de sa vie, car elle avait remarqué que le théâtre avait le don de l’énerver.

La duchesse de Kent fréquentait peu dans le monde; c’est à peine si elle fit quelques rares apparitions à la Cour de son beau-frère Georges IV.

Lorsque Guillaume IV monta sur le trône en 1830, son premier soin fut d’inviter la duchesse sa belle-sœur à choisir, parmi les dames de la Cour, une grande gouvernante à sa fille que la mort récente du duc d’York avait faite héritière directe du trône. La petite Drina, qui avait déjà onze ans, s’était fait expliquer sa généalogie par Fraeulein Lehzen, et comme celle-ci en était à Guillaume IV:

—Mais je ne vois plus personne pour régner après mon oncle Guillaume, avait-elle dit, à moins que ce ne soit moi.