Victoria dessine dans toutes les positions, même à cheval. Il n’était pas rare qu’en promenade dans le parc d’Osborne ou de Balmoral, elle donnât l’ordre à son fidèle John Brown de lui tenir sa vieille jument Jessie pendant qu’elle croquait au vol un coin de ciel, de mer, ou un aperçu sur un détour de la rivière Dee.
En visite chez ses lords, elle éprouve le besoin de se distraire de la société en allant faire une heure de paysage dans le jardin. Les dames qui ont été à la Cour et qui connaissent ses goûts, préparent toujours une table pour dessiner en plein air, lorsqu’elle les honore d’une visite à la campagne. La plupart même l’imitent; mais il est rare qu’elles arrivent à l’égaler. Peut-être y mettent-elles aussi quelque complaisance.
La voiture de gala de la Reine.
Phot. N. H. King.
Il ne faudrait pas croire cependant que Victoria ait du génie; elle en manque au contraire totalement, comme d’imagination; mais elle a un goût réel pour la peinture et le dessin, et comme peindre et dessiner sont ses occupations favorites, elle est parvenue à une certaine habileté.
Dans les environs de ses châteaux, les paysans sont au courant de ce faible de la reine, pour avoir été priés par elle de poser avec ou sans leurs animaux.
Le prince Albert adorait la gravure en taille douce et il avait à manier le burin ou à se servir de l’eau-forte un certain talent. Il voulut initier la reine à cet art et celle-ci était déjà arrivée à un certain degré de talent à reproduire des dessins sur le cuivre.