Le 18 avril, elle se rencontra dans une station de chemin de fer entre Rome et Monza avec le roi, la reine et la Cour, qui se rendaient en villégiature. La reine accepta de déjeuner à Monza, après quoi elle rentra à Baveno. A son retour, elle passa de nouveau par Paris où elle s’arrêta à l’ambassade, installée dans l’hôtel de l’ancienne princesse Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon Ier, et regagna Windsor Castle.
Depuis cette époque, la reine fait un séjour d’un mois chaque année, au printemps, sur la côte méridionale de France ou dans quelque station italienne.
Après la mort du duc d’Albany,—car la reine perdit les siens coup sur coup—le mariage de sa petite-fille la princesse Victoria de Hesse avec le prince Louis de Battenberg l’attira à Darmstadt. Elle fut heureuse de vivre dans le château où vécut la pauvre princesse Alice, sa fille. Ce voyage dura d’ailleurs quelques jours seulement.
L’année suivante, elle passa quelques semaines à Aix-les-Bains et s’en retourna par Darmstadt; un an après elle se rendit directement par mer de Portsmouth à Cannes et de Cannes à Aix-les-Bains où elle habita la même suite d’appartements à la villa Mottet. Avec une permission spéciale du pape, elle visita la Grande-Chartreuse où aucune femme ne doit pénétrer; l’année d’après, elle choisit Biarritz et visita la reine régente et le petit roi d’Espagne à San Sébastien. Chaque année nous la ramène; elle vient redemander au climat du midi de la France ou au climat italien, les forces dont elle a besoin pour continuer d’accomplir sa tâche. Les catholiques d’Angleterre voient dans cette émigration, au printemps de chaque année, à l’époque de la semaine sainte, un retour des souverains du
Osborne.—Pièce décorée à l’indienne suivant les indications de la Reine.
Phot. H. N. King.
Royaume-Uni à la religion catholique; la raison de ces déplacements est beaucoup plus profane: les médecins de la reine redoutent pour ses poumons devenus délicats l’humidité du climat britannique, à cette époque de l’année.