—Eh! Monsieur, répondit la dame au nouvelliste mal avisé, ne comprenez-vous pas que les femmes ne font cas de cette laide chose qu’on appelle dentelle, que parce qu’elle coûte un prix fou? Viennent vos arbustes, et personne n’en voudra.
La famille des protéacées se compose de très-beaux arbres qui croissent naturellement en Afrique; le genre le plus remarquable est l’arbre d’argent, dont les feuilles en fer de lance, et d’un éclat presque métallique, reflètent les rayons du soleil d’une manière éblouissante.
Les espèces du genre laurier, qui a donné son nom à la quatrième famille de cette classe, les lauroïdes, sont fort nombreuses et trop connues pour que nous en parlions longuement. Le plus important du genre est le cannellier, espèce de laurier cultivé à Ceylan, et dont l’écorce, enlevée et exposée au soleil, se roule et forme ce que nous appelons la cannelle. Une autre espèce du même genre est le muscadier, dont la graine est connue sous le nom de muscade.
Les polygones, les patiences et les rhubarbes sont les principaux genres de la famille des polygonées. Le blé noir ou sarrasin est le plus important; les patiences et les rhubarbes sont d’une utilité douteuse.
Les atriplicées, sixième et dernière famille de cette classe, sont des plantes potagères, la bette blanche, la betterave, etc. La betterave a acquis depuis trente ans une haute importance. En 1812, on ne connaissait que le sucre de canne, qui valait quatorze francs le kilogramme en France, par suite de la guerre avec l’Angleterre. Des essais furent faits pour obtenir du sucre de quelques plantes indigènes. Les Parisiens se moquèrent beaucoup de ces tentatives; on chansonna le sucre indigène et ses fabricants, et nous nous rappelons avoir vu aux vitres de Martinet, ce musée en plein vent de la rue du Coq, une caricature représentant le roi d’Angleterre et Napoléon, tous deux couronne en tête; l’Anglais lançait à l’Empereur une énorme betterave, en s’écriant: Va te faire sucre! Et voilà qu’aujourd’hui le sucre de betterave, aussi beau, aussi bon, aussi et même plus abondant que le sucre de canne, met en péril les plantations de nos colonies! Les Anglais, qui ont beaucoup ri du mot, trouveraient sans doute, en cas de guerre, la chose fort peu plaisante.
SEPTIÈME CLASSE
HYPOSTAMINIE
Les propriétés des amarantées, première famille de cette classe, sont nulles ou inconnues. Les genres les plus remarquables sont l’amarante tricolore et la queue-de-renard, qu’on cultive dans les jardins.
Les plantaginées sont une petite famille composée des genres plantain (fig. 39) et littorelle; ce sont des plantes herbacées qui croissent sous presque toutes les latitudes.
Les nyctaginées sont ainsi nommées parce que, dans la plupart des espèces de cette famille, les fleurs ne s’épanouissent que pendant la nuit. L’espèce la plus commune est la belle-de-nuit, qu’on appelle aussi merveille du Pérou, parce qu’elle est originaire de ce pays.
La quatrième et dernière famille de cette classe se compose des plombaginées. Ce sont de petites plantes comme le gazon d’Olympe, et d’autres petits gazons employés en bordure dans les jardins.