Les hespéridées sont aussi des végétaux exotiques, dont beaucoup sont cependant cultivés avec succès en Europe. Ornements majestueux de nos jardins, les hespéridées séduisent nos yeux par la beauté de leurs fleurs et de leurs fruits, comme elles charment notre odorat par les délicieux parfums qu’elles exhalent. C’est à cette belle famille qu’appartiennent l’oranger, le citronnier, le camélia, le thé, etc.
La famille des méliacées donne aux arts plusieurs bois précieux, entre autres l’acajou.
Celle des sarmentacées, qui vient ensuite, n’a qu’un seul genre important, la vigne; mais ses innombrables variétés sont une source immense de richesse. La vigne habite un grand nombre de contrées; mais c’est dans les pays méridionaux et surtout dans les terroirs volcaniques qu’elle déploie toute la vigueur et la beauté de sa végétation.
«Je me rappelle encore, dit un voyageur, l’impression que produisit sur moi l’aspect enchanteur de l’immense jardin du Vésuve; de toutes parts s’élevaient de longs sarments de vigne qui, s’entrelaçant de mille manières différentes, offraient leurs grappes magnifiques au voyageur brûlé par les ardeurs du soleil. Point d’épiderme ni de graines coriaces comme dans la plupart des raisins de nos contrées: peau, pulpes, semences, tout se résolvait en un suc délicieux. Après avoir franchi ce nouvel Éden et dépassé la demeure de l’ermite, la végétation, jusqu’alors si brillante, ne s’annonça plus que par quelques arbres; bientôt elle cessa entièrement, et ma vue n’eut plus à se reposer que sur de vastes champs de lave. Le chemin devenait roide et escarpé; mais une fois arrivé au sommet, je fus bien dédommagé de mes fatigues par l’imposant spectacle qui s’offrit à mes regards. A gauche, je contemplais le cap Sorrento, les îles de Caprée, de Procita, Portici, Torre del Greco et la mer. A droite se dessinait le beau bassin du golfe de Naples, l’immense amphithéâtre formé sur ses bords par la ville, la côte du Pausilippe, Pouzzoles et le promontoire de Misène. Derrière moi j’avais les montagnes de la Calabre et la ville de Pompeïa; enfin les Camaldules terminaient ce magnifique paysage. L’admiration que me causait ce tableau était souvent interrompue par les bruits qu’on entendait dans l’intérieur de la montagne, et qui précédaient les longues colonnes de feu qu’on voyait s’élever dans les airs, retomber en gerbes immenses, ou se répandre comme un torrent sur les flancs du Vésuve, qui ressemblait à une mer de feu. Je quittai ce lieu de merveilles, l’âme pleine de ces grandes émotions qu’un tel spectacle peut seul faire naître. En descendant la montagne, le guide me montra plusieurs endroits où la vigne est d’une fertilité prodigieuse. Lorsque la lave d’une éruption l’a détruite, il suffit du plus petit rejet pour qu’elle repousse avec la plus grande rapidité, et dans l’espace d’un an, elle se couvre d’une récolte supérieure à celle de l’année précédente. Cette extrême fertilité explique l’insouciance de l’habitant du Vésuve pour les dangers sans cesse renaissants dont il est entouré.»
La famille des géraniées est une de celles qui renferment le plus de plantes d’agrément; à elle appartiennent les géraniums, dont il existe plus de deux cents variétés, depuis le géranium écarlate, dont l’odeur est fétide, jusqu’au géranium triste, qui exhale pendant la nuit un si délicieux parfum. A cette famille appartiennent également la vive capucine, la tendre balsamine et la timide violette, ce doux symbole de discrétion et de modestie.
A la famille des malvacées appartiennent les mauves, ces belles roses trémières aux mille couleurs dont il se fait maintenant de si charmantes et si nombreuses collections; le cacaoyer, avec le fruit duquel se fait le chocolat, et le baobab ou calebassier, ce colosse du règne végétal, dont le tronc a souvent plus de cent pieds de circonférence. Le célèbre Adanson a observé en Afrique quelques-uns de ces arbres dont l’existence, d’après ses calculs, remontait à plus de quatre mille ans.
Les magnoliées sont une famille dont le genre badiane est le plus important; c’est à lui que l’on doit ces semences connues sous le nom d’anis étoilé de la Chine.
Les anonées croissent, pour la plupart, dans l’Amérique septentrionale; plusieurs fournissent des fruits délicieux, comme la pomme de cannelle, la cherimoya, qu’on cultive maintenant avec succès en Espagne.
Les ménispermées, qui viennent ensuite, croissent dans l’Inde et sont peu remarquables.
Les berbéridées, auxquelles appartient l’épine-vinette, ne le sont pas davantage, non plus que les hermanniées, dont tous les genres sont exotiques.