Cléagène, la rivale d’Aspasie, rendait le dernier soupir pendant que celle-ci donnait une fête magnifique à l’élite de la jeunesse. On l’instruit de la situation désespérée dans laquelle se trouve sa rivale. Par un mouvement spontané, Aspasie arrache sa couronne de roses et la foule aux pieds. Les convives suivent son exemple, et la fête est abandonnée.
Aujourd’hui, chacun lèverait les bras en l’air, crierait: O ciel! est-il possible! Cette pauvre Cléagène, il n’y a pas trois jours que je l’ai rencontrée aux Champs-Élysées! Voyez comme tous ces grands bras, ces grands cris, sont éloignés de l’éloquente simplicité du geste d’Aspasie et de ses amis. Ils enlèvent leur couronne. Cela dit tout.
Combien les femmes ne gagneraient-elles pas à remplacer le moderne et disgracieux chapeau par de fraîches couronnes! Tôt ou tard elles reviendront à cet ornement si simple et si complet. Jeunes filles, épouses, matrones, nobles, femmes du peuple, on portera des couronnes selon son âge et sa condition; on verra disparaître le bonnet de percale, de gaze ou de tulle, mille fois plus absurde que le chapeau.
En attendant cette révolution, que nous appelons de tous nos vœux, la couronne proscrite ne trouve plus d’asile que sur le cercueil des enfants, des jeunes filles, et sur la croix noire des tombeaux.
AUTRE GUZLA