Trois choses sont essentiellement nécessaires à la germination: la chaleur, l’air et l’humidité. Confiée à la terre dans ces conditions, la graine ne tarde pas à se gonfler; la vie commence: l’embryon déchire son enveloppe, et livre passage à la plumule à travers ses cotylédons écartés. La radicule se tourne vers la terre et produit en tous sens des fibrilles. La radicule devient et reste le pivot de la racine; les fibrilles en forment le chevelu. La plumule s’élève, nourrie par les cotylédons dont la substance se liquéfie, devient laiteuse, et qui remplissent l’office de véritables mamelles.
L’enfant est né, il grandit chaque jour; ses traits se dessinent, ses formes se dégagent; on voit encore un peu ce qu’il fut, et l’on commence à deviner ce qu’il sera.
ORGANES DE LA VÉGÉTATION
Racines.—Presque tous les végétaux sont formés de deux parties distinctes, la tige et la racine; la première, brillante de parure et de beauté, s’élève dans l’atmosphère; l’autre, dépourvue d’éclat, s’enfonce dans la terre pour y accomplir obscurément ses fonctions, véritable image des destinées diverses des grands et du peuple: ayant une même origine, l’un travaille et souffre au profit de l’autre qui s’étend et domine.
C’est par les racines que les végétaux vivent: qu’elles cessent de fonctionner, ils s’étiolent et meurent. Il y a des racines dont l’existence ne dure qu’un an, d’autres vivent deux ans, d’autres encore de trois à douze ans; la durée d’un certain nombre est illimitée. C’est ce qui a fait diviser les plantes en annuelles, bisannuelles, vivaces et ligneuses.
On divise les racines en trois classes: les fibreuses (fig. 1re)[*], qui sont composées d’une multitude de jets longs et filamenteux; les tubéreuses (fig. 2), qui présentent des masses tuberculeuses irrégulières, charnues, contenant souvent une fécule abondante, et les pivotantes (fig. 3), qui s’enfoncent perpendiculairement dans la terre.
[*] Les figures numérotées sont rassemblées dans la [Planche 1ère] (fig. 1-18) et la [Planche 2ème] (fig. 19-40). (Note de transcription.)
Ces formes variées ne sont point un effet du hasard; elles sont, pour l’observateur, une preuve de la prévoyance de notre bonne mère commune, prévoyance qui se manifeste partout et toujours, et qui a donné naissance à ce proverbe:
A brebis tondue, Dieu mesure le vent.
Ainsi, sur les montagnes, sans cesse assaillies par les vents, on ne trouve que des racines fibreuses, dont les ramifications pénètrent dans les anfractuosités, s’y cramponnent et permettent aux tiges de braver les orages; les racines pivotantes se logent dans les terres fortes, profondes, et les racines tubéreuses s’étendent dans les terrains maigres et sablonneux.