Comme on vient de le voir, la durée de la vie des végétaux est subordonnée à celle des racines; mais celles-ci, à leur tour, sont soumises à l’influence de la température. Le ricin, par exemple, qui dans les pays chauds forme des arbres ligneux, n’est dans notre climat qu’une plante annuelle; et nos plantes potagères, transportées dans les contrées méridionales, y deviennent vivaces et ne peuvent plus y être mangées.
L’analogie est si grande entre les parties du végétal qui s’étendent sous le sol et celles qui s’élèvent au-dessus, que ces dernières peuvent devenir racines; par exemple, les filets pendants des branches du figuier des pagodes tombent jusqu’à terre, s’y enracinent en très-peu de temps: ce sont des enfants qui reviennent au sein maternel.
Tiges.—Les tiges présentent une grande diversité de formes: il en est qui rampent sur le sol sans y jeter de racines; d’autres, au contraire, poussent des drageons qui s’enracinent et produisent de nouvelles tiges; d’autres encore, trop faibles pour atteindre seules l’élévation qu’elles ambitionnent, entourent de leurs circonvolutions les troncs des grands arbres, les unes s’enroulant constamment de gauche à droite, les autres toujours de droite à gauche. Ainsi, si l’on plante au pied d’un arbre une tige de haricot et une de houblon, elles s’enrouleront en sens inverse et se croiseront; que l’on essaye de changer leur direction, elles la reprendront, et si l’obstacle qu’on leur aura opposé est insurmontable, elles mourront.
Les tiges sont ou cylindriques, ou cannelées, ou triangulaires. Dans un grand nombre de végétaux, la tige est unie, sans poil ni duvet; dans beaucoup d’autres, elle est couverte de petites écailles garnies de poil, et elle porte des bulbilles à l’aisselle des feuilles. Les tiges sont herbacées lorsqu’elles sont tendres, molles, et elles meurent après une année d’existence; elles sont vivaces s’il croît une nouvelle tige l’année suivante; elles sont sous-ligneuses quand la base résiste à l’hiver; enfin, elles sont ligneuses quand elles se convertissent en bois.
Maintenant, supposons que de la graine soumise à la germination sorte une plante herbacée, à tige; elle s’élèvera plus ou moins rapidement, sa tige aura des feuilles, mais aux aisselles de ces feuilles il n’y aura point de boutons, et la plante ne vivra que de un à trois ans. De la graine qui doit produire un arbuste, la tige prendra une consistance ligneuse, mais les aisselles des feuilles seront également dépourvues de boutons. Elle résistera aux hivers, et produira des fruits et des fleurs chaque année. La tige de l’arbrisseau sera plus vigoureuse et portera des boutons; mais elle se divisera, à sa base, en un certain nombre de rameaux ligneux. Enfin, la tige qui doit devenir un arbre s’élèvera d’un seul jet à une certaine hauteur. Cette tige, de la racine à ses premiers rameaux, s’appelle tronc (fig. 4). Les rameaux sont divisés en quatre ordres, selon leur force.
Examinons maintenant la structure de la tige, et prenons pour cela celle d’un végétal ligneux qui est le plus complet. En la tranchant transversalement, nous trouverons d’abord l’écorce, recouverte d’un mince épiderme; sous l’écorce est le liber, partie essentiellement vivante et organique du végétal, et qui doit son nom à la facilité avec laquelle on peut le séparer en feuillets semblables à ceux d’un livre; vient ensuite l’aubier, puis le bois proprement dit, et ensuite la moelle.
La partie concentrique du bois qui entoure la moelle est composée de vaisseaux poreux, suivant une direction parallèle dans toute la longueur des tiges, et dans lesquels circule la séve, principe vital de tous les végétaux. Une partie de ces vaisseaux se prolongent latéralement, entraînant une portion de la moelle. Ces vaisseaux, qu’on nomme prolongements médullaires, ont dans l’écorce leur partie essentiellement vivante, d’où il résulte que l’on voit souvent des arbres dont la végétation est encore très-vigoureuse, bien que leur partie ligneuse soit anéantie, et qu’ils en soient réduits à leur écorce, ainsi que cela se présente fréquemment dans les saules.
Voici maintenant la marche de l’accroissement: chaque année, les feuilles déliées du liber se solidifient et s’unissent aux dernières couches de l’aubier, qui n’est encore qu’un bois imparfait, mais qui passe à l’état de bois au fur et à mesure que le liber passe à l’état d’aubier. Il en résulte que les couches concentriques se superposant annuellement, elles indiquent parfaitement l’âge du végétal. Ce n’est pas là toutefois une règle sans exception; cette règle, qui s’applique aux tiges dicotylédones, la plus nombreuse des tribus végétales, n’est pas applicable aux monocotylédones, dont la structure présente un sens inverse. Par exemple, que l’on examine la coupe transversale d’un palmier, on ne trouve plus d’écorce, d’aubier, de couches concentriques, de prolongements médullaires; le tissu le plus solide et le plus ancien dans cette tige est à l’extérieur, par la raison que l’accroissement vient de l’intérieur. Ainsi, un palmier, à sa naissance, forme une touffe de feuilles sans tige; un an après, il naît de nouvelles feuilles du centre des premières, et celles-ci, repoussées vers la circonférence, tombent en vieillissant; mais leurs bases se soutiennent et forment un anneau qui est l’origine de la tige; l’année suivante, un second anneau se forme de la même manière au-dessus du premier, de telle sorte que l’âge du palmier peut se calculer par ses anneaux.
Branches et rameaux.—Les branches et les rameaux ont une organisation parfaitement semblable aux tiges; ils forment, avec la tige, un angle qui s’ouvre davantage à mesure que l’arbre vieillit, et les branches finissent souvent par devenir pendantes.
Les tiges de quelques végétaux croissent avec une grande rapidité et atteignent une prodigieuse longueur: les chênes, dans nos forêts, atteignent souvent une hauteur de quarante mètres, et les palmiers des Cordillères dépassent quelquefois soixante mètres.